Je le confesse, je suis le nouvel analphabète des technologies modernes. Incapable de me servir d’Internet. Je rate certainement quelque chose, mais j’y gagne en tranquillité (j’exprime ici ma gratitude aux personnes qui m’assistent avec ces outils devenus indispensables). Je n’ai rien contre les nouvelles technologies, elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. Tout dépend de l’usage que l’on en fait. Elles pourraient participer à ce que Teilhard de Chardin appelle l’union créatrice¹, contribuer à une élévation des consciences. C’est en partie vrai.
Cultiver son jardin est un acte politique
Par Pierre Rabhi le jeudi 08 juillet 2010, 14:45
Comment s’étonner que le fossé se creuse entre les citoyens et ceux qui sont censés les représenter ? Qui sent encore qu’il peut participer aux choix qui concernent son avenir ? Nos dirigeants ont certes pris la barre à la suite d’un vote, mais nombre de leurs décisions ne correspondent pas à ce pour quoi ils ont été élus. Leur tâche se limite à un pilotage aléatoire du quotidien, qui n’ouvre aucune perspective d’avenir. Pire : il l’oblitère, en assurant la pérennité d’un modèle de croissance illimitée dont plus personne n’ignore qu’il est incompatible avec la finitude des ressources planétaires.
Aidons nos enfants à devenir eux-mêmes
Par Pierre Rabhi le mercredi 14 avril 2010, 16:27
Réussir, qu’est-ce que cela signifie ? On peut avoir réussi socialement et échoué humainement. Et, dans les temps incertains que nous vivons, même la réussite sociale n’est plus garantie. Aujourd’hui, je ne me vois pas dire à mes enfants : « Travaille bien et tu réussiras. » Je ne l’ai d’ailleurs jamais fait.
Fermer le robinet
Par Pierre Rabhi le mardi 26 janvier 2010, 15:11
Lorsque j’ai présenté ma candidature à la présidentielle de 2002 – vous avez échappé à un tout petit Obama –, j’ai essayé de faire « appel à l’insurrection des consciences ». Je ne crois qu’à cela. Nous sommes dans une période de crise que, stupidement, nous appelons crise financière, alors qu’il s’agit d’une crise humaine, une crise profondément spirituelle. Aujourd’hui, les consciences s’ouvrent. Très bien. Mais quand allons-nous cesser de faire des films, de remplir nos bibliothèques de livres et de revues sur ce monde qui va mal, pour enfin passer à l’action !? Cette pléthore de théories me paraît presque un aveu d’impuissance tant qu’elle ne nous convainc pas de la nécessité d’agir. Or nous sommes au bord du précipice. Récemment, lors d’une conférence à l’Unesco avec Nicolas Hulot, on m’a demandé : « Maintenant, je vais rentrer chez moi, qu’est-ce que je peux faire !? » Certains s’attendaient peut-être à : « Fermez le robinet, éteignez la lumière… »
Retour sur Copenhague
Par Pierre Rabhi le mardi 19 janvier 2010, 17:05
Ce que l’on peut désormais appeler – et pour longtemps sans doute – la grande déconvenue de Copenhague est à la mesure de l’espoir que cette rencontre avait suscité. Après les grandes cérémonies précédentes (Rio de Janeiro, Kyoto, Johannesburg, etc.), il fallait être singulièrement naïf pour croire qu’une quelconque décision - que l’immense gravité des enjeux nécessite absolument - allait enfin surgir d’une ambiance de hall de gare, où chaque nation veille avant tout sur ses intérêts propres.
« Le syndrome du Titanic »
Par Pierre Rabhi le lundi 28 septembre 2009, 16:11
J'ai eu l'avantage, sur invitation de son auteur, d'assister à l'une des toutes premières projections du film "le Syndrome du Titanic" de mon ami Nicolas Hulot, assisté de Jean-Albert Lièvre pour la réalisation. Avec un titre pareil, nous ne sommes plus dans le registre auquel Nicolas nous a habitué : à savoir donner à connaître, à comprendre et à admirer les splendeurs de la planète qui nous héberge ainsi que les singularités des peuples, leur culture et traditions, etc. Cette fois, l'option est résolument anthropologique, mais dans ce qu'elle a de tragique.
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