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  <title>Le blog de Pierre Rabhi</title>
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  <description></description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 18 May 2012 01:02:07 +0100</pubDate>
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    <title>En 2012, soyons tous candidats !</title>
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    <pubDate>Sun, 12 Feb 2012 14:13:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Gregory David</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;Avons-nous encore envie de limiter notre expression politique au seul fait de voter&amp;nbsp;? Devant la violence et la détresse générées par notre modèle de société, n’avons-nous pas plus à apporter qu’un simple bulletin dans une urne, en soutien à une politique soumise aux diktats de la finance et qui n’est plus en phase avec la réalité du monde&amp;nbsp;? En 2002, je m’étais laissé convaincre de présenter ma candidature à la présidentielle. Sans jamais croire à mon élection, nous avions profité de cette échéance pour jeter les bases d’un programme non conventionnel, en appelant à &quot;l’insurrection des consciences&quot;. Notre appel à incarner l’utopie avait été reçu bien au-delà de nos espérances. En deux mois et demi, nous avions collecté près de deux cents signatures d’élus, organisé quelque quatre-vingt-seize comités régionaux. Puis en 2007, lorsque l’on m’a de nouveau suggéré de me présenter, j’ai refusé. En effet, qu’aurais-je fait si j’avais collecté les cinq cents signatures requises, dans un contexte politique bien plus déterminé que déterminant&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je constate en revanche que la société civile est porteuse du changement auquel nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer. Son génie créateur est inouï et plus puissant que nous l’imaginons, face à un sentiment d’impuissance qui s’installe insidieusement. Nous ne voulons plus être les spectateurs déresponsabilisés d’une société en déliquescence. Nous voulons prendre notre avenir en main. Mais pour cela, nous devons nous exprimer par la force de notre créativité concrète, et pas seulement par une protestation dans les rues, dont nous ne récusons pas la légitimité. C’est le changement humain qui détermine le changement de la société, ce qui nous renvoie à notre propre changement. L’évolution du monde ne permet plus l’ajournement d’une convivialité planétaire respectueuse des fondements de notre survie collective.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce sont les raisons pour lesquelles nous avons imaginé, pour 2012, une campagne parallèle qui n’aurait pas pour but de se substituer à la campagne officielle, mais de ressusciter le débat en permettant que s’organisent, dans chaque région, des tribunes pour donner la parole à tous ceux qui aspirent à construire un avenir vivable et viable pour tous. Cette campagne ne vise pas à ajouter des vœux pieux à des vœux pieux, des analyses à des analyses sur le monde qui va mal. Elle se veut concrète, incarnée, positive. Chacun est invité à s’y exprimer, en affirmant sa candidature pour contribuer au changement, comme un colibri, en expérimentant des solutions pour le futur. Ne nous habituons pas à penser que le monde va mal, que nos options sont réduites. Nous voyons partout les bonnes volontés se relier, entrer en résistance pacifique, proposer des alternatives. Cette convergence nous permettra de donner une lisibilité à la force du changement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En 2012, soyons tous candidats.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.pierrerabhi.org/blog/public/185_sig_Pierre_BD.jpg&quot; alt=&quot;signature&quot; /&gt;&lt;/p&gt;





&lt;p&gt;Pierre Rabhi&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Pour plus d’information&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;http://www.touscandidats2012.fr&quot;&gt;www.touscandidats2012.fr&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.colibris-lemouvement.org&quot;&gt;www.colibris-lemouvement.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Chronique publiée dans Psychologie Magazine, jan 2012.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Je suis jaloux des femmes…</title>
    <link>http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php?post/2011/07/19/Je-suis-jaloux-des-femmes</link>
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    <pubDate>Tue, 19 Jul 2011 18:23:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rabhi</dc:creator>
        <category>Existence</category>
            
    <description>&lt;p&gt;J’ai perdu ma mère à 4 ans. Je ne conserve d’elle qu’un souvenir très flou. Je la vois dans un halo, une sorte de clair-obscur, des bribes d’images sans contour ni réalité. Son visage m’échappe. Son sein, en revanche, m’apparaît encore clairement. Chez nous, dans le désert algérien, les enfants sont allaités longtemps. Lorsque je suis devenu orphelin, il y a eu beaucoup de sollicitude autour de moi. J’ai ce souvenir d’une femme qui se penche vers moi pour me consoler, la sensation de ses deux gros seins et du trouble qui m’a saisi. Pas un trouble érotique, non, mais la conscience d’avoir perdu ce qui était associé à cette poitrine&amp;nbsp;: la protection, la chaleur maternelle. Ma fille, Sophie, me dit parfois que mes angoisses sont peut-être liées à cette perte. Ce qui est certain, c’est que la quête du féminin m’a toujours accompagné. Je ne parle pas seulement du désir charnel, mais du besoin de l’amitié, de l’affection des femmes.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;En 2002, j’ai fait campagne pour la présidentielle avec ce slogan&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le féminin au cœur du changement.&amp;nbsp;» Je crois à la nécessité d’en finir avec cette exaltation du masculin, entendu comme la volonté de puissance, l’agressivité, la domination. Je me sens profondément blessé par la subordination universelle de la femme. Combien d’hommes sont capables de s’assumer sans celles qu’ils jugent leurs inférieures&amp;nbsp;? Combien de filles n’ont pas accès à l’éducation&amp;nbsp;? Combien d’épouses sont encore opprimées ou battues&amp;nbsp;? Je suis déconcerté que tant de vies puissent naître de cette rencontre violente entre le masculin et le féminin. Les familles, les sociétés qui en résultent, ne peuvent que connaître un profond déséquilibre. Dans la nature, les deux sexes sont indispensables à la création. Le féminin l’est peut-être même davantage.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pardonnez-moi cette évocation, mais lorsque j’étais éleveur, il y avait dans mon troupeau un bouc pour trente bêtes. Une fois qu’il avait fait son office, il pouvait disparaître sans que cela affecte nullement la vie des petits qui, en revanche, n’auraient pas survécu sans leur mère. J’ai toujours été un peu jaloux de cet état de fait. Comment, devant le miracle de la procréation, ne pas se sentir… un peu surnuméraire&amp;nbsp;? J’aurais tellement aimé vivre cette expérience fantastique de porter un enfant. C’est sans doute cette jalousie fondamentale qui engendre la violence chez tant d’hommes. Leur peur, fantasmée, de ne pas être indispensables. Même dans les pays les plus égalitaires, il nous faut corriger l’injustice et l’arbitraire, rééquilibrer le désir de conquête par l’instinct de protection de la vie. Je ne dis pas que l’un est masculin et l’autre féminin. Je crois à la présence de ces deux forces en chacun de nous. Je suis tout aussi révolté par ces discours qui mutilent les hommes en leur interdisant de pleurer, que par ceux qui prétendent réduire la féminité à la seule maternité. Il nous faut retrouver le sens de notre complémentarité. Entre nous, et en chacun de nous.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.pierrerabhi.org/blog/public/185_sig_Pierre_BD.jpg&quot; alt=&quot;signature&quot; /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;PS&amp;nbsp;: Merci à Laurence Lemoine, Psychologies Magazine.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>J'ai un énorme contentieux avec la modernité</title>
    <link>http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php?post/2011/01/14/Jai-un-enorme-contentieux-avec-la-modernite</link>
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    <pubDate>Fri, 14 Jan 2011 16:33:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rabhi</dc:creator>
        <category>Modernité</category>
            
    <description>&lt;p&gt;Je ne partage pas l'idée selon laquelle l'économie de marché à sorti le monde de la précarité. Je suis témoin du contraire. Dans cette oasis du Sud algérien où j'ai grandi, j'ai vu une petite société pastorale bouleversée par l'arrivée de l'industrie houillère. Mon père, qui faisait chanter l'enclume pour entretenir les outils des cultivateurs, a dû fermer son atelier pour s'abîmer dans les entrailles de la terre. Au Nord comme au Sud, des hommes ont été consignés pour faire grossir un capital financier dont ils n'avaient que des miettes. Ils y ont perdu leur liberté, leur dignité, leurs savoir-faire. J'avais 20 ans quand j'ai réalisé que la modernité n'était qu'une vaste imposture.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je n'ai cessé, depuis, de rechercher les moyens d'échapper au salariat, que je considère, à tort ou à raison, comme facteur d'aliénation. C'est ainsi que je suis devenu &quot;paysan agroécologiste sans frontières&quot;. Depuis trente ans, j'enseigne en Afrique des techniques que j'ai débord expérimentées sur notre ferme ardéchoise.
Je rencontre des agriculteurs pris dans le traquenard de la mondialisation. Des hommes à qui l'on a dit&amp;nbsp;: &quot;Le gouvernement compte sur vous pour produire des devises avec des denrées exportables. Vous devez cultiver plus d'arachide, de coton, de café. Il vous faut pour cela des engrais, des semences, des pesticides.&quot; Dans un premier temps, on leur distribue gratuitement. Cadeau empoisonné. Car, à l'évidence, la terre est dopée et la récolte est plus abondante. Impressionné, le paysan retourne à la coopérative. Cette fois, les produits miracles sont en vente, à prix indexé sur celui du pétrole qui a servi à produire des engrais. &quot;Tu n'as pas d'argent&amp;nbsp;? On va te les avancer et on déduira de la vente de ta récolte.&quot;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le paysan sahélien qui cultivait un lopin familial se retrouve alors propulsé par la loi du marché dans la même arène que le gros producteur de plaines américaines&amp;nbsp;; endetté, puis insolvable. On a ainsi provoqué une misère de masse, bien au-delà de la pauvreté. Le travail que nous faisons au Burkina Faso, au Maroc, au Mali et, depuis peu, au Bénin et en Romanie, consiste à affranchir les agriculteurs en leur transmettant des savoir-faire écologiques et en réhabilitant leurs pratiques traditionnelles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pendant des siècles, on a su travailler la terre sans intrants et sans la crise qui affecte aujourd'hui même les pays dits prospères. Je réfléchis à la création d'un modèle qui s'appellerait &quot;un hectare, une famille, un habitat&quot;. Demain, on ne pourra plus assurer les retraites, les indemnités de chômage. Il faudra réapprendre à vivre avec un potager, un verger, un clapier, un poulailler, une ruche et des petits ruminants. Retrouver une performance qui ne se fonde pas sur une croissance illusoire mais sur la capacité à satisfaire ses besoins avec les moyens les plus simples.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.pierrerabhi.org/blog/public/185_sig_Pierre_BD.jpg&quot; alt=&quot;signature&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Pierre Rabhi&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Je ne suis ni du Nord ni du Sud</title>
    <link>http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php?post/2010/12/03/Je-ne-suis-ni-du-Nord-ni-du-Sud</link>
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    <pubDate>Fri, 03 Dec 2010 13:19:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rabhi</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;Lorsque l’on est, comme moi, composé de deux cultures, du Nord et du Sud (je suis français d'origine algérienne), on se construit sur des valeurs qui ne sont pas nécessairement convergentes. Vers 42 ans, je me suis beaucoup questionné sur mon identité. Durant des années, mes préoccupations avaient été tournées vers ma ferme. Allais-je réussir à nourrir ma famille&amp;nbsp;? Devions-nous rester ou nous en aller&amp;nbsp;? Nous étions absorbés par notre production agricole, jusqu’à ce que nous réussissions enfin à en vivre. C’est à ce moment-là que mes problèmes d’identité m’ont rattrapé.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La crise s’est d’abord manifestée par une grande fatigue. Toutes mes interrogations, notamment sur la religion, me menaient dans l’impasse. J’ai eu le réflexe, au début, de me raccrocher à l’une ou l’autre de mes cultures. Mais à quoi&amp;nbsp;? Aux dépens de quoi d’autre&amp;nbsp;? Plus je cherchais des repères clairs, plus le doute augmentait, et plus cela m’était douloureux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J’ai alors découvert Krishnamurti (Jiddu Krishnamurti (1895-1986) philosophe et éducateur d’origine indienne, et l'auteur de nombreux ouvrages, dont &quot;La Première et Dernière Liberté&quot;*). Ce philosophe postulait qu’un changement de société ne pouvait advenir sans un changement profond de l’individu, une mutation de son «&amp;nbsp;vieux cerveau conditionné ». Je découvrais que je ne pourrais pas m’en sortir sans me libérer de mes appartenances. J’ai appris à ne plus être ni du Nord ni du Sud, à ne plus me définir par aucune idéologie, aucun parti ou choix confessionnel, qui me mettraient en opposition avec d’autres. Nous avons la prétention, avec une capacité de penser limitée, d’appréhender le réel de nature infinie. Or nous pouvons tout juste comprendre un fragment de réalité exiguë, souvent différent de celui de nos semblables. Krishnamurti dessine la voie d’un humanisme qui aboutit à reconnaître l’unité absolue du genre humain. Nous ne pourrons aller vers cet universel sans dépasser nos affirmations identitaires, nos divers conditionnements.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le débat actuel sur le voile me paraît par exemple symptomatique du chemin à parcourir pour établir un vivre-ensemble satisfaisant pour tous. Je suis bien sûr hostile aux confinements imposés aux femmes. La posture laïque, lorsqu’elle transcende les oppositions religieuses, est souhaitable. Mais la politique a bien d’autres choses à faire que de débattre de ces broutilles. Il est temps de cesser de regarder ce qui nous sépare pour trouver une convergence sur ce qui nous unit et qu’aucun humain ne peut nier. Prendre soin de la Terre comme bien commun, universel, indispensable à la vie de chacun sans exception, est une nécessité bien plus urgente et irrévocable pour l’espèce humaine tout entière.&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.pierrerabhi.org/blog/public/185_sig_Pierre_BD.jpg&quot; alt=&quot;signature&quot; /&gt;&lt;/p&gt;



&lt;p&gt;Pierre Rabhi&lt;/p&gt;




&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&quot;La Première et Dernière Liberté&quot;, Jiddu Krishnamurti, éditions Stock, 2010.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La clé du changement</title>
    <link>http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php?post/2010/11/16/La-cle-du-changement</link>
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    <pubDate>Tue, 16 Nov 2010 10:26:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rabhi</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;Depuis quarante-cinq ans, j’ai orienté mon parcours autour de cette question&amp;nbsp;: comment se mettre au service de la vie, de la scène même de la vie, cette planète dont la beauté ne cesse de me couper le souffle&amp;nbsp;? Devant la marche du monde, je ne cesse de me demander comment il est possible que nous ne la voyions pas dans sa splendeur. Pourquoi n’avons-nous aucun émerveillement&amp;nbsp;? Vue du ciel, la planète n’est pas la mappemonde découpée que nous en avons fait. Nous sommes libres d’organiser le vivre-ensemble comme bon nous semble. Or nous avons eu la bêtise de fragmenter ce qui est par principe unitaire&amp;nbsp;: la planète, le vivant…&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;La fragmentation met en opposition. Nous sommes toujours dans le dualisme, contre quelque chose. Nous avons aujourd’hui les moyens de détruire trente planètes. Gardons juste de quoi en détruire une ou deux et réinvestissons le reste dans l’invention d’un monde plus humain&amp;nbsp;! Pourquoi avoir donné une telle importance à l’argent&amp;nbsp;? Pourquoi avoir élu une pierre brillante pour condamner des humains dans des mines sous terre afin que d’autres se pavanent sous des lustres&amp;nbsp;? Nous nous sommes créé un microcosme hors-sol dans lequel nous caquetons. Au nom d’une prospérité qui profite au plus petit nombre, combien d’entre nous s’enferment entre quatre murs devant un ordinateur&amp;nbsp;? Nous nous sommes «&amp;nbsp;surartificialisés », au point d’avoir parfois besoin d’apprendre à respirer… Ce paradigme de l’argent roi m’a poussé à retourner à la terre. Je ne veux pas céder ma part d’émerveillement devant la nature. Le bonheur ne s’achète pas, la joie ne s’achète pas. La joie naît de se sentir en harmonie avec la symphonie universelle. Nous sommes d’abord des êtres humains, et je ne veux pas que l’on m’appelle consommateur&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le grand changement que nous connaîtrons peut-être est celui qui pourra nous désaliéner de la prétention d’un progrès qui proclame la libération de l’humain alors qu’il l’incarcère. Nous vivons et travaillons dans des structures de verre et de béton, nous nous déplaçons en «&amp;nbsp;caisse&amp;nbsp;» et pour nous divertir, nous allons en «&amp;nbsp;boîte&amp;nbsp;» ! Qu’attendons-nous pour admirer la nature, pour respecter la vie&amp;nbsp;? Nous sommes interpellés au plus intime de nous-mêmes et devons conserver le libre arbitre de choisir que la vie soit belle. La clé du changement est de remettre l’humain au cœur de nos préoccupations. On ne construit pas seulement le monde sur des structures apparentes, mais sur la puissance de notre subjectivité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On ratatine l’amour en autant d’expressions qui le ridiculisent&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;béguin », «&amp;nbsp;amourette »… Or il est la plus grande force qui puisse exister. Nous ne pourrons construire un monde apaisé qu’en
remettant de la beauté et de l’amour dans nos relations, en misant sur la richesse de nos valeurs les plus nobles&amp;nbsp;: l’unité, la solidarité, la convivialité. Commençons par opérer ce changement en nous-mêmes.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.pierrerabhi.org/blog/public/185_sig_Pierre_BD.jpg&quot; alt=&quot;signature&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pierre Rabhi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;PS&amp;nbsp;: Merci à Laurence Lemoine, Psychologies Magazine.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Nous sommes surdoués, mais crétins</title>
    <link>http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php?post/2010/08/24/Nous-sommes-surdoues-mais-cretins</link>
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    <pubDate>Tue, 24 Aug 2010 16:38:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Pierre Rabhi</dc:creator>
            
    <description>&lt;p&gt;Je le confesse, je suis le nouvel analphabète des technologies modernes. Incapable de me servir d’Internet. Je rate certainement quelque chose, mais j’y gagne en tranquillité (j’exprime ici ma gratitude aux personnes qui m’assistent avec ces outils devenus indispensables). Je n’ai rien contre les nouvelles technologies, elles ne sont ni bonnes ni mauvaises. Tout dépend de l’usage que l’on en fait. Elles pourraient participer à ce que
Teilhard de Chardin appelle l’union créatrice¹, contribuer à une élévation des consciences. C’est en partie vrai.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Mais dans l’ensemble, elles sont utilisées par des consciences qui n’ont pas suffisamment évolué. Nous avons Internet et Inter-pas-net. Sans même parler de ce que véhicule le Réseau, ce qui n’est pas net, c’est que nos outils déterminent nos modes de vie plutôt que l’inverse. Ils prennent le pouvoir insidieusement, nous obligent à organiser notre quotidien pour qu’ils nous deviennent indispensables, tout en imprimant à nos existences un rythme frénétique. Nous vivons en disharmonie avec notre pulsion cardiaque qui nous dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tranquille, tranquille…&amp;nbsp;»
L’intelligence de la vie a mis en nous une cadence que la vitesse a changée. Parce que nous ne voulons pas renoncer à la frénésie, nous nous dotons d’instruments supplémentaires pour la supporter. Et nous voici prolongés de téléphones et d’ordinateurs portables, appendices censés nous faciliter les choses, eux qui nous tiennent par le nombre fou de messages à traiter ou par leur incessante obsolescence. Car nous sommes dans le mythe d’un toujours plus indéﬁni, sans jamais pouvoir atteindre une satisfaction que nous plaçons de plus en plus haut. Il ne faut pas confondre aptitudes et intelligence. Ce que nous savons faire ne mérite pas toujours d’être fait. Si des extraterrestres arrivaient chez nous, ils diraient probablement&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ils sont surdoués, mais crétins.&amp;nbsp;» Nos aptitudes rendent le monde chaotique, elles ne parviennent pas à donner un ordre intelligent à nos prouesses. À l’échelle du temps géologique, nous sommes arrivés dans les trois dernières minutes d’une planète née il y a vingt-quatre heures. Avant nous, il y a de l’intelligence, un ordre qui nous précède et qui est symphonique. Nous sommes les seuls à jouer une fausse note. L’écologie est une symphonie dans laquelle chacun joue sa partition. La nôtre peut être de marquer une pause pour réfléchir à l’usage que nous faisons du temps, de la technologie, de l’argent. Peut-être faudrait-il inventer un nouvel outil, appelons-le egomètre ou ambitiomètre. Un objet doté d’une alarme qui signalerait que ce que nous faisons n’a pas d’autre sens que de servir le démiurge en nous, celui qui croit pouvoir dompter le monde, tout en nous précipitant vers l’absurde.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;1. &quot;Science et Christ&quot;, de Pierre Teilhard de Chardin (Seuil, 1999).&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.pierrerabhi.org/blog/public/185_sig_Pierre_BD.jpg&quot; alt=&quot;signature&quot; /&gt;&lt;/p&gt;




&lt;p&gt;Pierre Rabhi&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;PS&amp;nbsp;: Merci à Laurence Lemoine, Psychologies Magazine.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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