L'agroécologie, l'être humain dans sa responsabilité à l'égard du vivant
Par Pierre Rabhi le jeudi 10 mai 2007, 11:52
Agroécologie
- Lien permanent
La terre… Combien sommes-nous à comprendre cette glèbe silencieuse que nous foulons durant toute notre vie, quand nous ne sommes pas confinés dans des agglomérations hors-sol qui nous la rendent encore plus étrangère ? La terre nourricière est, parmi les quatre éléments majeurs, celui qui n’a pas existé dès l’origine. Il a fallu des millénaires pour que la mince couche de terre arable d’une vingtaine de centimètres à laquelle nous devons la vie puisse se constituer.
Univers silencieux d’une extrême complexité, siège d’une activité intense, elle est régie par une sorte d’intelligence mystérieuse et immanente. C’est dans ce monde discret que s’élaborent, comme dans un estomac, les substances qui permettront aux végétaux de se nourrir, de s’épanouir pour se reproduire, et c’est aux végétaux que les humains et les animaux doivent leur propre survie. Il est donc urgent de reconnaître que la dénomination « terre-mère » n’est pas une métaphore symbolique ou poétique, mais une évidence objective.
Ainsi s’est établie une logique extraordinaire fondée sur la cohésion du vivant. La terre, le végétal, l’animal et l’humain sont de cette manière unis et indissociables. Prétendre nous abstraire de cette logique, la dominer ou la transgresser impunément est une dangereuse illusion. Avec l’ère de la technoscience, de la productivité et de la marchandisation sans limite, on ne voit plus dans la terre et les végétaux qu’une source de profit financier. Semences sélectionnées, dégénérescentes ou non reproductibles, engrais, pesticides, monocultures, irrigation à outrance, machinisme... etc. : l'agriculture n'a pas échappé à la logique de productivisme. Suivant les processus et les mécanismes inspirés par la loi du marché et du profit illimité, elle a porté gravement atteinte à la terre nourricière. Elle s’accompagne d’un bilan économique, écologique et social dramatique : destruction de l’humus des sols, pollution des eaux, perte de la biodiversité domestique animale et végétale, disparition des paysans, de leurs savoir-faire et de leur culture, dévitalisation de l’espace rural, avancée de la désertification, manipulation et brevetage des semences…etc. La terre est vivante et ne peut pas être assujettie à toutes ses exactions sans de graves dommages pour l’avenir.
Par ailleurs, ce mode de production agricole se révèle être le plus onéreux, vulnérable, dépendant et le moins rentable de toute l’histoire de l’humanité : 4000 litres d’eau sont nécessaires pour produire un kilo de viande, il faut à peu près 2 à 3 tonnes de pétrole pour fabriquer une tonne d’engrais et 12 calories d’énergie pour obtenir 1 calorie alimentaire… Entre excès, gaspillages et scandales alimentaires d’un côté, pénuries et famines de l’autre, l’agriculture productiviste, après s’être exprimée librement pendant des décennies, montre sérieusement ses limites. Le magnifique terme de « nourriture » qui, au-delà de la matière nutritive, a des résonances symboliques et poétiques, monde de saveurs subtiles qui réjouissent l’âme et le corps, a cédé la place à « la bouffe » qui désigne cette matière surabondante, frelatée, manipulée, polluée, cause d’un désabusement où les biens de la terre ne nous parviennent plus comme des offrandes que chaque saison nous apporte en temps et lieux les plus propices.
On commence enfin à faire le rapprochement de cause à effet entre la nourriture et le véritable fléau des pathologies dites de civilisation qui, en dépit de nos connaissances, de nos équipements médicaux les plus sophistiqués, ne cessent de s’étendre. La nourriture, l’air, l’eau, attributs fondamentaux de la vie, garants de la vie depuis les origines, deviennent peu à peu les complices de la mort. Faut-il encore et encore rappeler qu’il sera toujours, et quoi que l’on fasse, impossible d’avoir une nourriture de grande qualité sans comprendre, respecter et soigner la terre qui la produit ? Répondre aux nécessités de notre survie tout en respectant la vie sous toutes ses formes est à l’évidence le meilleur choix que nous puissions faire si nous ne voulons pas être exposés à des famines sans précédent.
C’est pourquoi il est selon nous d’une importance décisive que l’agroécologie que nous préconisons, enseignons et appliquons depuis plusieurs décennies se répande dans le monde entier. S’appuyant sur un ensemble de techniques inspirées de processus naturels comme le compostage, le non retournement du sol, l’utilisation de purins végétaux, les associations de cultures…etc., elle permet aux populations de regagner leur autonomie, sécurité et salubrité alimentaires tout en régénérant et préservant leurs patrimoines nourriciers.Parce qu’elle est fondée sur une bonne compréhension des phénomènes biologiques qui régissent la biosphère en général et les sols en particulier, elle est universellement applicable.
La pratique agroécologique a le pouvoir de refertiliser les sols, de lutter contre la désertification, de préserver la biodiversité, d’optimiser l’usage de l’eau. Elle est une alternative peu coûteuse et adaptée aux populations les plus démunies. Par la revalorisation des ressources naturelles et locales, elle libère le paysan de la dépendance des intrants chimiques et des transports générateurs de tant de pollutions et responsables d’une véritable chorégraphie de l’absurde où des denrées anonymes parcourent chaque jour des milliers de kilomètres plutôt que d’être produites sur place. Enfin, elle permet de produire une alimentation de qualité, garante de bonne santé pour la terre et ses enfants.
Par ailleurs, l’agroécologie bien comprise peut être à la base d’une mutation sociale. Elle est une éthique de vie qui introduit un rapport différent entre l’être humain, sa terre nourricière et son milieu naturel et permet de stopper le caractère destructeur et prédateur de cette relation.
C’est ainsi qu’elle représente pour nous bien plus qu’une simple alternative agronomique. Elle est liée à une dimension profonde du respect de la vie et replace l’être humain dans sa responsabilité à l’égard du vivant. Bien au-delà des plaisirs superficiels toujours inassouvis, elle lui permet de retrouver la vibration de l’enchantement, le sentiment de ces êtres premiers pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées.

Commentaires
Merci pour ce premier message plein d'espoirs, de rêves et de pistes de réflexions pour les plus éloignés de la Terre parmi les humains.
Merci aussi pour le dernier ouvrage "Terre-Mère, homicide volontaire", plein de sens et un superbe condensé de la philosophie de vie développé depuis 40 ans.
Belle et heureuse journée à vous toutes et tous !
Bonsoir,
Je suis convaincu de la nécessité d'agir. Pourtant, s'il est facile de trouver de beaux discours, il est quasi impossible de trouver une once de solution ou de méthode.
Attention, il ne s'agit pas d'une attaque. Je suis lucide. Je ne crois pas que quelques hommes détiennent La Solution.
Quand je lis, ici ou dans quelques ouvrages, que des pratiques existent et s'affinent depuis quelques décennies, je m'insurge ! Pourquoi nous dire qu'il existe des solutions sans nous en donner le moindre exemple ?
J'ai un jardin. A part un anti-limace, je n'utilise ni produits chimiques ni même d'engrais. Je veux bien appliquer des méthodes plus respectueuses de l'environnement. Quelles sont-elles ? Au moins un exemple !
J'ai planté une haie d'arbustes à feuilles caduques. Je n'ai pas mis un gramme d'engrais au fond du trou. Ca marche. C'est concret.
En résumé :
Bon maintenant que vous avez convaincu certains de vos lecteurs de l'urgence de la situation. Si vous passiez à quelques exemples d'applications concrets.
Ma peur (elle est immense) est qu'il faille participer à de coûteux séminaires de formation pour s'approprier ce genre de connaissances. On ne changerait donc pas de système mais de méthode ?
Bien cordialement,
Thierry
PS : Je répète qu'il ne s'agit pas d'une attaque mais d'une manifestation d'impuissance à trouver les bonnes informations concrètes...
Bravo pour toutes ces initiatives, je partage comme beaucoup vos préoccupations et vos souhaits. Mon action écologique est très limitée, mais elle réside dans une prise de conscience, c'est là le point de départ nécéssaire à chacun d'entre nous.
Amicalement
Bonjour Monsieur,
Ingénieur Agronome de formation je débute actuellement ma carrière chez un semencier céréales en région parisienne. Je n'ai pas eu trop le choix pour mon premier emploi...Je crois fort en l'agroécologie cependant le message des détracteurs de l'agriculture intensive est souvent caricatural et populiste, il est difficle de trouver des informations concrètes du type:
Si la population mondiale continue à augmenter comment pallier aux besoins alimentaires de la population?
Si l'agriculture recule en termes de productivité/hectares quel sera l'impact sur le taux de déforestation (les surfaces cultivée devront certainement augmenter...)?
Quels moyens biologiques utiliser lors d'années à très forte pression maladies/ravageurs pour préserver un niveau de productivité correct? (réserves de blé les plus basses depuis 25 ans en 2007, cf cours des matières premières agricoles)
La qualité des produits alimentaires est très souvent pointée du doigt comme cause principale des cancers aujourd'hui détectés, quid de l'espérance de vie qui ne cesse d'augmenter dans les pays développés et en voie de développement?
La sélection variétale est obligatoire en agriculture elle a contribué et contribue toujours a la biodiversité des espèces cultivées? si les semences étaient gratuites et non brevetées quid du financement de la recherche?
Peut être pourrez vous ou un de vos lecteurs m'éclairez?
Très bonne continuation.
la lecture de votre commentaire sur le gachis de notre socièté j'en ai pris conscience en 1998 à la suite d'un dépot de bilan j'étais commercante, donc dans une démarche de consommation quelle nouvelle société pouvons-nous installer? en triant mes dechets j'ai l'impression de jeter une goutte d'eau dans la mer. dois-je garder le moral ?
Toutes ses questions sont interressantes et en tant que citadin ne connaissant rien à l'agriculture j'apprécierai aussi avoir des semblants de réponses. tomtom n'hésite pas à m'envoyer un mail pour discuter de tt ça, j'aimerai bien cnnaître déjà ce que toi tu penses... petitpickledpunk [arobase] gmail [point] com
Tant je vous suis dans votre réflexion, tant je rejoins tomtom dans les grandes questions existencielles du développement de notre planète, où l'argent est devenu de plus la seule indispensable raison de vivre.
Aujourd'hui toutefois, un nouvel enjeu apparait de plus en plus inéluctable, parallèlement à l'aculturellisation (au deux sens du temre), celui de la dépendance énergétique.
Le monde "moderne" ne peut, ne veut plus se passer du confort que nous a apporté cette dépendance énergétique, telle une drogue.
Nous sommes ainsi engloutis dans une spirale infernale où l'avenir de notre planète ne semble pas tracasser les décideurs aveuglés par les retombées financières de leurs propres intérêts.
Comment l'agroécologie peut-elle espérer répondre à ces différents défis, elle qui par définition demande du temps pour pouvoir se développer au mieux ? Dispose-t'on encore de ce temps ?
Catholique d'éducation, j'évolue comme vous vers une foi en la vie, mais cette vie peut-elle persister dans notre monde ?
bjr, je suis content de trouver autant, ici, merci a tous et haut les coeur, la partie n'est pas jouée, pour l'instant tous les joueurs n'ont pas compris qu'ils ne pouvaient pas gagner sans nous, car la survie est un jeu coopératif, donc courage et merci encore. A tout hasard, je laisse une adresse de blog que nous mettons en place avec quelques camarade de promo...
http://bio-logic.over-blog.com/
Bonjour,
je vous remercie pour ces réflexions qui me paraissent primordiales pour l'aide au développement de nombreux pays.
J'ai très apprécié votre livre l'offrande au crépuscule.
Etant actif dans une association d'aide aux développement, je m'occupe notamment de projets agros au nord du Burkina Faso.
J'ai eu la chance d'aller à GOROM-GOROM en 2000 mais sans savoir exactement ce qu'étaient les techniques d'agroécologie, j'ai ensuite vu dans différents villages de nombreuses réalisations (zaï, demi-lune, ...). Les projets que nous soutenons intègrent également toutes ces techniques.
Et c'est seulement en lisant votre ouvrage que j'ai réellement compris non seulement les techniques, mais surtout les enjeux. Grâce à votre travail, nos projets avec nos partenaires vont encore pouvoir être efficaces.
Merci à vous,
si d'autres lecteurs ont des expériences de projets agros à partager, je suis intéressé.
Tout d'abord, merci pour ce blog riche en éléments de réflexions, de poésie, et de bon sens.
J'aborderais le sujet en reprenant le fil de certains commentaires ci-dessus, notamment ceux associés au rôle des agriculteurs dans leur mission de devoir nourrir le monde. Et d'ajouter, le Monde a-t-il besoin de nous ? De nos céréales, de nos poudres de laits, de nos sacs de riz portés à grands renfort de caméras ?
Les agriculteurs sont devenus des producteurs exportateurs, où le rendement (business oblige) est l'occupation première du gentleman farmer en costume 3 pièces.
Pourquoi vouloir absolument imposer une culture à une autre ? (une agriculture inadaptée surtout)
Les besoins des uns ne sont pas forcément les desideratas des autres, les modes de vie non plus.
Autre point en lien et à consommer tel que nous le faisons, l'espérance de vie risque fortement de régresser, « mal bouffe », « obésité », devenus courant dans notre vocabulaire.
En revenant au contraire à des besoins alimentaires amoindris, mais largement suffisant pour nos activités de bureau (entre autres), nous nous génèrerons moins de besoins, donc moins d'agriculture intensive, moins d'élevages, moins de surexploitation des sols... nos rythmes de vie, s’apparenteront-ils davantage aux rythmes de la nature aussi.
Peu à peu, faute de pétrole et d'alternative économiquement viable, la terre reprendra ses droits. Les exploitants agricoles laisseront la place aux paysans que nous serons alors redevenus.
Bonjour Pierre,
Je découvre ce blog aujourd'hui ainsi que le terme "agroécologie" qui me semble s'intégrer parfaitement à la PERMACULTURE que j'étudie depuis quelques années. Je sais par des sources indirectes que vous connaissez ce terme et en parlez vous-même.
Ce qui m'intrigue, c'est qu'il y a au niveau mondial un mouvement lié à la permaculture qui se développe assez bien tandis que dans les pays francophones il n'y a qu'une constellation d'idées et de techniques (agroécologie, buttes auto-fertiles, BRF, purins, etc) qui peinent à se répandre. Du coup, il est plus difficile de promouvoir l'éthique et les principes de base qui sont communs à toutes ces démarches, éthiques et principes qui sont à la base de la permaculture.
Je serais ravi que vous écriviez une note à ce sujet.
Meilleures salutations.
J'ai lu votre prose ce midi dans le hors-série d'octobre-novembre 2007 de la revue Politis.
Il y avait tellement de choses, je crois pouvoir dire que tout y était. Le témoignage d'un sage ...
Un grand merci pour cet appel à une fédération des consciences, préalable à la maturation nécessaire du genre humain.
Fraternellement.
Pierre
Merci pour ta belle prestation aux cotés de François Plassard lors de la préparation du festival Camino qui aura lieu le 12, 13 et 14 juin 2009 dans la région de Toulouse.
www.acse.info
Ce festival unique au monde verra sans doute l'avènement de nouvelles résistances concrètes au système qui broye les hommes et la terre.
Bon courage à TOUS
En avant les colibris.... Tous, nous devons agir pour que la liberté de l'être humain prime sur le culte de l'argent.
Merci à Monsieur Rabhi pour ses messages de sagesse qui, à la lecture de chacun de ses livres, nous montre la voix du bonheur.
J'ai lu avec appétence "Manifeste pour la terre et l'humainisme. Pour une insurrection des consciences" que j'ai trouvé intéressant à plus d'un titre. Je voudrai, si vous êtes favorable, l'avoir pour une lecture un peu plus fouillée. Je suis étudiant thésard en philosophie. Je travaille dans le domaine de l'anthropologie philosophique et de la métaphysique expérientielle.
Mon adresse postale: Université Catholique de l'Afrique de l'Ouest. 08 BP. 22 Abidjan 08 Côte d'Ivoire.
Merci.
Très touché par ce texte d'une grande sagesse et de tellement d'évidences qu'on se demande comment l'illusion a pu prendre le dessus...
Merci de l'avoir dit aussi bien avec des mots aussi justes.
Pierre
A quelle adresse exacte internet se trouvent les indications pratiques complètes pour composter selon la méthode Pierre Rabhi?
Compte tenu des immondes, des abominables, des effroyables martyres
et massacres que nous avons fait subir aux autres Etres Vivants et
que nous continuons à leurs faire subir, il y a longtemps
que nous sommes archicondamnés à mort.
www.declaration-universelle-des-devoirs-de-l-etre-humain.net
Bonsoir à tous,
J'admire votre sagesse, votre savoir, et votre courage pour tenter de faire se retourner le monde, et par conséquent le sauver. Vous nous donnez ici une pratique qui semble être utopique (ou précaire selon les avis) de nos jours pour subvenir à nos besoins. Vous nous prouvez que des alternatives existent, de vraies, de simples, mais j'ai toujours le même ressentiment quand je lis des pratiques alternatives à l'agriculture intensive...
Comment faire pour convaincre toute une population mondialisée, uniformisée, de couper court avec le progrès pour se nourrir et vivre mieux ? Comment prouver à des millions de personnes que leur mode de vie est une erreur, leur faire accepter pour ainsi partir sur de nouvelles bases, dans l'intérêt de toute une planète ?
Car finalement, si une partie du monde décide de ne pas quitter le système dominant, toutes ces alternatives exercées par l'autre partie seront inutiles, non ?
Je ne critique pas votre article, bien au contraire, j'espère même en prendre exemple pour mon avenir, mais je me pose des questions quant à l'efficacité d'une société alternative...
Le temps presse.
C'est beau, d'accord. MAIS POURQUOI AUCUNE REPONSE SUR LES PRINCIPES DE L'AGROECOLOGIE, NOMBREUX SONT CEUX QUI CHERCHENT DES REPONSES, DES TECHNIQUES, DES SOLUTIONS... OU SONT LES REPONSES? INTERNET PERMET DE PARTAGER.... ALLEZ Y !
merci
Bonjour à tous,
@phil : des solutions existent !
Vous pouvez visiter le site du Mouvement Colibris, fondé par Pierre Rabhi, et qui recense des acteurs et des projets locaux qui vont vers plus d'autonomie, d'écologie, et d'humanisme :
http://www.colibris-lemouvement.org
Pour les principes de l'agroécologie, je vous invite à aller voir sur le site de Terre & Humanisme :
http://www.terre-humanisme.org
Enfin, l'encyclopédie en ligne Ekopedia fournit des connaissances pratiques pour un monde plus écologique :
http://fr.ekopedia.org/Accueil
Chacun peut contribuer, et faire sa part !
Fil des commentaires de ce billet