Le Paysan
Par Pierre Rabhi le mercredi 10 octobre 2007, 11:25 - Lien permanent
Celui qui tient le pays et qui est tenu par le pays.
Celui qui tient le pays et qui est tenu par le pays. Cette étymologie a ma préférence parmi d’autres, car elle met en évidence un lien de réciprocité correspondant bien à la réalité. Ce lien suggère l’image des trapézistes dont les mains doivent se saisir mutuellement avec vigueur pour se prémunir des dangereuses conséquences d’un éternel mouvement périlleux. Cependant dans cette configuration, le paysan représente le partenaire suspendu la tête dans le vide et par conséquent celui qui dans le balancement du temps et des saisons prend le plus de risques. La glèbe dont il dépend pour survivre s’ancre par contre dans les millénaires qui l’ont patiemment fait advenir. Comme chacun de nous, un jour le paysan se détache de l’arbre de la vie comme un fruit, prématurément ou à l’apogée de son… destin. Mais contrairement aux autres humains, l’homme de la terre a longtemps perduré, à la fois multiple et unique gardien de la source-mère de la survie de tous, intendant opiniâtre et patient, des biens les plus indispensables, qu’il pérennise, transmet selon le processus ininterrompu de la vie. Sans paysan, aucun pays n’aurait pu être. Aujourd’hui encore où l’on se pose des questions sur l’essor des peuples à la condition précaire, nous savons que les nations qui ne soutiennent pas leurs paysans sont condamnées aux disettes et famines, condamnées à n’avoir d’autre avenir que celui de la dépendance et de la régression, au risque de leur dignité et de leur liberté. Le paysan doit probablement sa primauté à son rapport à l’espace qu’il féconde, et au temps qu’il éprouve et gère comme une matière tangible. Durant des millénaires, la terre a été courtisée, soignée selon les circonstances comme une mère ou une marâtre. Les peuples amérindiens l’honorent d’un nom fait de tendresse et de gratitude : la « patcha mama », la terre mère. Car leur intuition intacte leur a fait pressentir qu’il s’agissait bien d’un être doué de sensibilité et de bienveillance au sein du mystère sacré de la vie. Aujourd’hui à la terre des peuples nantis, il est davantage demandé de produire de la « bouffe » malsaine sans saveur et sans âme pour grossir le capital financier que de la nourriture longtemps l’ambassadrice de tout ce qu’il y a de subtilité dans la « réalité ? » qui nous héberge. Cette transgression se traduit et se traduira de plus en plus dans notre propre corps par des maux inconnus, ceux-là mêmes infligés par notre obscurantisme à la terre nourricière. La terre, bien commun indispensable, doit devenir l’affaire de tous les citoyens. Nous déplorons souvent que la civilisation qui a donné la prépondérance à des villes démesurées et applique le hors sol à l’humain ait autant éloigné les êtres humains de la terre à laquelle ils doivent leur existence. Nous pouvons cependant témoigner qu’un nouveau paysan et une nouvelle paysanne sont en train de naître. Ils réuniront dans la même conscience le savoir scientifique et technique mais aussi la sensibilité poétique, l’amour et le respect de la mère terre, et ce sentiment à la fois subtil et transcendant que l’on nomme le sacré. Nous parlerons de ces nouveaux paysans et nouvelles paysannes qui sont aussi les guérisseurs et les guérisseuses de la terre.

Commentaires
Quand ma grand-mère prenait une motte de terre dans ses mains, c'était comme si elle tenait un diamant pur et de voir ma grand-mère toucher, caresser, admirer cette matière précieuse était pour moi une fascination. Sa vie a été de travailler avec la terre, je dis avec la terre car c'était une relation fusionelle, la terre lui a tout donnée, un métier, une passion et surtout la possibilité de nourrir tous les gens qu'elle aimait: Famille et amis car ma grand-mère offrait toujours comme cadeaux des produits de la terre. Elle n'hésitait pas à cueillir des framboises ou des violettes, des pommes de terre et des haricots pendant des heures pour faire plaisir à son entourage. Chaque personne avait les fruits, le fleurs et les légumes qu'elle aimait le plus. Jusqu'à ses 88 ans et jusqu'au dernier jour elle partait dans son "jardin" pour rapporter à chacun des morceaux d'amour. Aujourd'hui, très peu de gens connaitront le plaisir d'avoir des présents aussi précieux, aussi même si mon coeur la réclame souvent je sais que je suis privilégiée et que notre amour est intimement liée avec celui de la terre.
Bonjour et merci pour ce magnifique texte, je l'ai lu avec une émotion intense car je suis paysanne mais aussi écrivain. Par l'écriture, j'espère transmettre les soucis et aléas des exploitations agricoles de nos jours mais aussi les joies et émotions que nous ressentons dans notre quotidien.
Et je suis fière d'être paysanne car la première chose que l'on entend dans ce mot c'est "pays". Les paysans de toutes les nations respectent leur terre et la ressentent jusqu'au fond de leur coeur.
Merci de les aimer!
bonjour! je suis etudiante en sciences politiques et je rédige un memoire en ce moment sur la permaculture.
Or je me demande quelles sont les differences entre permaculture et biointensive. Pas de calendrier lunaire ni de biodynamie en permaculture, c'est tout ce que je vois, mais je suis sure qu'il y a d'autres différences....
Si vous pouviez m'éclairer cela me serait d'une grande aide!
en attendant votre réponse je vous souhaite de très bonnes fetes
Bonjour Monsieur Radhi,
J'ai beaucoup de repect pour vous et votre démarche si juste.
Je voulais vous dire que je travaille sous la couverture depuis 15 ans dans le domaine de la protection de l'environnement et tout particulièrement dans l'application du principe de développement durable. Vous faites aussi un peu cela, mais il est tellement difficile de réconcilier les aspects écologioques, sociales et economiques.
Mais il est possible de créer cette synergie pour l'ensemble de la population, oui l'éthique devra primer un jour.`Çà commence effectivement par de peits gestes simples. d'une goutte d'eau on fait des rivières et les rivières des fleuves et des fleuves des océans. Mais tout passe nécessairement par l'éducation, bien sur le savoir est importanmt mais je prends ici l'origine du mot educare "faire sortir de" , d'où l'éthique.
j'ai travaillé dans les domaines suivants
les déchets de soins à risques,
les piles usagées
la dépollution de l'eau
l'assainissement
l'épuration
Avec a chaque fois des idées des messages nouveaux, des méthodes originales. des fois çà marche des fois pas, mais je ne lache pas.
Maintenant je vous rejoins un peu plus sans doute a savoir que je travaille pour que la population puisse bénéficier d'une eau bonne a boire en tout temps e tout lieu et en toutes circonstances, avec les dernières technologies et des partenaires qui ont la meme philosophie que moi et la meme ethique.
Grand projet utopique mais pourquoi pas, mais un projet qui s'inscrit dans la définition du concept développement durable. Notre proijet se veut viable, vivable et équitable.
Oui nous soliliciteront les ONG, les gouvernements les collectivités la population et nous amenerons bien sur l'éducation qui accompagne ce genre de projets. Et bien sur si vous le désirez il y a de la place pour les gens de bonne volonté. et nous aurons besoin d'ambassadeurs.
Oui je crois que nous sommes mes partenaires et moi dans une vraie volonté de vouloir faire tournée la machine économique dans le sens inverse, à savoir que l'économique doit être à notre service. regardez les impératifs d'aujourd'hui quels sont-ils?
Même les gouvernements ont de la fdifficulté à gouverner tant les aspects economiques et financiers sont devenus des contraintes pour eux.
Voila, je voulais vous le dire.
Merci
Martin Onil
bonjour Monsieur Pierre Rabhi,
J'ai un grand respect pour vous comme je pouvais l'avoir pour Théodore Monod.J'ai lu un article de vous en Ardèche .Je suis jardinier comme profession et par passion ,j'aime faire partager ces joies de toucher la terre, de semer , de récolter, ce sont des plaisirs simples mais tellement passionnant, d'être au contact sans cesse avec la nature.Je fais en sorte de développer autour de moi ces passions.Je voudrais aussi parler de Kokopelli qui a bien besoin de soutiens en ce moment Kokopelli est un semencier Français qui développe les anciennes variétés de légumes et de fleurs et qui ne plait pas obligatoirement au gros trust de la semence
cordialement
claude
Quelle vérité, aujourd'hui oubliée.
bonjour mr rabhi merci pour tout que vous avez donner al humanite des solution de base comment vivre et respecte rl everenement nourire la naturelement matere organique humus lz colostum des plantee cher nous en travaille la terre de se qu en herite de nos en cein tre notre region et tres firre d un savon comme vous descendant d une d une qui travaille la terre un gran bonjour de kendsa
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