L'Autonomie... Le temps de l’insécurité créative est venu.
Par Pierre Rabhi le vendredi 08 février 2008, 09:18 - Lien permanent
L’écologie une grande leçon d’autonomie
Le terme « autonomie » suggère une organisation, une situation fondée sur la non dépendance. Celle ci nécessite une détermination, une volonté et des actes pour lui donner réalité. Elle concerne aussi bien un individu, qu’un groupe d’individus ; elle a trait également à un état intérieur, à la subjectivité humaine.
L’autonomie s’applique à des domaines très divers comme le territoire, la nation, la politique, l’économie... Traitée d’une façon exhaustive, cette question nous entraînerait trop loin. Pour éviter toute confusion, nous nous bornerons par conséquent à quelques considérations en rapport avec notre engagement pour la Terre et l’Humanisme. D’une façon générale, l’autonomie s’inscrit dans un contexte qui lui donne sa raison d’être, qui la détermine : on est autonome à l’égard de quelque chose.. L’écologie bien comprise est, par excellence, une grande leçon d’autonomie. Elle est fondée sur l’interdépendance des règnes et des espèces. Chaque espèce garde sa spécificité propre mais ne peut survivre sans relation avec les autres espèces. La rupture de cette relation génère la sclérose, une dévitalisation qui, faute de la circulation des énergies vitales, peut aller jusqu’à la mort. Ainsi, paradoxalement, l’interdépendance des espèces a pour finalité et résultat l’autonomie de la totalité d’un écosystème. En préconisant, par exemple, la fertilisation de la terre par de la matière organique, issue des déchets végétaux et animaux habituellement gratuits et transformée en humus, l’agroécologie que nous essayons de propager le plus largement possible respecte le cycle des échanges entre la terre, le végétal, l’animal et l’humain, avec bien sûr tous les éléments et conformément aux règles établies par la vie depuis les origines. L’agroécologie concilie ainsi la nécessité de s’alimenter avec l’indispensable intégrité et pérennité de la dynamique du vivant. Elle est donc facteur d’autonomie. A contrario, l’usage des engrais chimiques, des pesticides de synthèse coûteux à produire (il faut environ trois tonnes de pétrole pour la production d’une tonne d’engrais), est facteur de dépendance ; par leur constitution, ces produits détruisent la dynamique en question. Car cela introduit dans le cycle comme des « corps étrangers » que le métabolisme du sol ne peut ni générer, ni recycler. Le principe élémentaire biologique s’applique à tous les domaines de la vie. La planète Terre est dans sa totalité régie par cette intelligence. Bien qu’elle fût à l’origine peuplée par des créatures innombrables, cela ne s’est jamais traduit sur la biosphère par l’épuisement des ressources. La sphère terrestre dépend bien entendu des énergies cosmiques directes et indirectes - soleil, énergies subtiles -, et probablement de cette mécanique céleste qui nous fascine tant. L’espace écologique est par conséquent infini et notre planète exalte en quelque sorte cette intelligence qui, avec la diversité, la complexité illimitée, crée de la vie et de l’autonomie dans la pérennité et la continuité. C’est une des raisons pour lesquelles la planète terre est un miracle et un prodige inégalable de l’intelligence de la vie. Il y a là un phénomène grandiose digne de toute notre admiration. L’autonomie de la planète se fonde également sur le non gaspillage. La nature n’a pas de poubelle parce qu’elle ne crée pas de déchets. Cette loi est exprimée par le fameux « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Cette logique inspire la réflexion de l’écologie d’aujourd’hui pour le durable et le reproductible. Cependant, on a tendance à confondre l’autonomie et l’autarcie. On peut définir cette dernière comme un système clos qui prétend suffire à tous ses besoins sans échange avec l’extérieur. Et cela va à l’encontre de l’autonomie telle que la nature nous en donne le principe. Il s’agit donc d’une enclave dans un ordre global, du rejet de tout le contexte dans laquelle elle s’inscrit. Cette option contre nature devient trop souvent le terreau du sectarisme avec le repliement sur une idéologie ou un principe métaphysique qui ne souffre aucun échange ni aucune remise en cause. Les extrémismes ne sont rien d’autre qu’une conviction pathologique de détenir la seule vérité qui soit. Biologiquement, l’autarcie poussée à l’extrême est facteur de dégénérescence. Les anthropologues ont parfois découvert des communautés humaines dites « isolats » qui, faute d’échange avec les populations extérieures, cumulaient les tares par consanguinité et avec un appauvrissement génétique chronique s’acheminaient vers l’extinction. Que ce soit dans l’espace psychique ou physique, il semble que tout confinement va à l’encontre de la dynamique de la vie. Toujours en référence à notre pratique agroécologique, nous faisons une grande distinction entre l’aérobie et l’anaérobie. Un compost aéré donne une matière humique, fermentée et bénéfique ; un compost confiné donne une matière putride et toxique. Les deux principes contraires, autonomie et autarcie, que nous avons essayé d’élucider, devraient nous éclairer pour construire un futur autonome qui s‘avère indispensable pour la survie de notre espèce.
Le hiatus du « pétrolitique »
Cependant, cette nécessité d’autonomie sera mise en échec si nous ne prenons pas en compte, pour nous en affranchir, certains mythes fondateurs de la modernité particulièrement destructeurs d’autonomie. Depuis la révolution industrielle nous avons affaire, pour le meilleur et le pire, à un modèle dominant hégémonique à l’échelle planétaire. Ce modèle, nous le constatons clairement aujourd’hui, repose sur l’option la plus absurde, dépendante et dispendieuse que l’humanité ait imaginé. Cela a donné une civilisation technico-scientifique productiviste et marchande, dont la survie dépend essentiellement d’une matière combustible nauséabonde exhumée des entrailles de la terre, où elle sommeillait depuis des millénaires. Compte tenu de la gigantesque chaotisation qu’elle a provoquée dans l’histoire de l’humanité et de la nature, nous aurions été plus avisés de la laisser où elle était. Car elle est responsable d’un hiatus gigantesque dans le processus de la vie. Avec la thermodynamique, nous sommes entre Prométhée et Vulcain dans la civilisation de la combustion énergique à des fins d’efficacité, de vitesse... La voiture comme l’un des symboles du miracle de la rationalité industrielle chargée de phantasmes - évasion, liberté, emblème social -, est justement l’une des inventions faite du cumul de critères irrationnels. Une analyse objective nous permet de constater que nous avons affaire avec la voiture à un outil qui pèse en moyenne une tonne et demie pour déplacer des individus de plus ou moins 80 kilos. 80% du combustible destiné à le faire se mouvoir servent à produire de la chaleur et à permettre aux usagers de se gazer mutuellement et d’intoxiquer l’atmosphère. Cet outil a inspiré un mode d’organisation de l’espace de vie basé sur la dispersion avec un habitat éloigné des lieux de travail, de commerce, d’éducation... qui ne peut plus fonctionner sans lui. Il pèse lourdement sur le budget des ménages, tout en étant un bien fondant, perdant de la valeur même sans utilisation. Il faut ajouter également tout ce que nécessite sa fabrication et l’orgie d’infrastructures pour son fonctionnement. A l’instar de bien des outils censés nous servir, la voiture nous asservit en réalité et détruit l’autonomie qu’elle était censée nous donner. En revanche, la bicyclette s’avère comme une invention favorable à l’économie car elle peut porter cinq à six fois son propre poids et ne requiert que de l’énergie métabolique reproductible et gratuite. Il en va de même de la traction animale. Ces considérations somme toute assez banales, mettent en évidence un malentendu concernant le progrès, sans cesse invoqué comme alibi, pour agir avec compétence mais sans discernement ni intelligence. D’une façon plus générale, on peut estimer que l’ordre originel instauré sur notre planète par l’intelligence de la vie a été remis en cause par l’ordre établi par l’espèce humaine. Sur une planète une et indivisible nous avons appliqué le principe de fragmentation, de rivalité, de compétitivité, et de dissipation. Toute l’organisation planétaire est fondée sur l’antagonisme de l’humain contre l’humain et de l’humain contre la nature. Les relations internationales, l’interdépendance des nations, loin d’être solidaires, sont phagocytaires, une opportunité pour le plus fort de s’enrichir et de survivre par la spoliation et l’appauvrissement de l’autre. Nous rappelons assez souvent, pour dissiper des idées reçues bien enkystées dans les esprits, que le continent africain vaste comme presque dix fois la superficie de l’Inde, est immensément riche et, avec ses 800 millions d’individus, sous peuplé. A ces deux facteurs positifs, il faut ajouter une population à 60% de moins de 25 ans. Ce sont au contraire les pénuries, les famines, les pillages, les misères de toutes natures sur fond de corruption chronique qui ravagent un continent qui dispose de tous les atouts pour être souverainement autonome. On peut d’ailleurs transposer ces constats à toute la planète, au sein de laquelle abondance et insuffisance cohabitent et où, en dépit de nos performances, la nourriture, l’eau potable, les soins manquent à un nombre toujours grandissant de nos semblables. Pire encore, le monde moderne a fait une hécatombe au Nord comme au Sud des autonomies vernaculaires et séculaires. A présent, selon la formule de Majid Ramena, « la misère détruit la pauvreté ». Au coeur de ces constats à l’échelle macrocosmique, chaque citoyen civilisé censé être du bon côté de la barrière, peut faire le constat objectif de sa propre dépendance au sein de l’abondance. Se nourrir, s’abreuver, se vêtir, s’abriter, se soigner, se divertir, tout est subordonné à la sollicitude d’un système dont la survie dépend de la production massive de dépendance et pour lequel toute autonomie crée du manque à gagner et devient une menace. En effet, ce n’est pas avec des protestations, des poings levés et des émeutes que l’on peut réduire la tyrannie des puissances financières mais en s’organisant d’une façon autonome pour ne pas en avoir besoin. En attendant, le citoyen civilisé est toujours indexé sur une valeur monétaire seule habilitée à lui donner le droit à l’existence. Sans argent, le citoyen est oblitéré par un ordre qui a comme précepte la production et la consommation. Au sein de cette pseudo économie ayant pour dogme intangible la croissance économique sans limite stimulée par l’avidité sans limite, les citoyens consommateurs sont réduits à d’insatiables pousseurs de caddies. Les hommes politiques tentent d’une façon quasi obsessionnelle d’élever la consommation au rang d’un acte civique. Nous sommes face au dilemme du tonneau des Danaïdes. En dépit des richesses que la machine économique produit, l’indigence ne cesse de s’étendre masquée par les dispositifs « charitables » de l’Etat. La prolifération sous toutes ses formes du secourisme social, louable par son intention, a néanmoins l’inconvénient de dédouaner les états de leur vraie responsabilité d’éradiquer la détresse au lieu de se contenter de lui opposer des palliatifs et de l’intégrer dans l’indolence des jours comme une norme sociale. Dieu sait pourtant tout ce qui pourrait être réalisé dans la nation et dans le monde par le transfert à l’urgence écologique et humaine des moyens extravagants consacrés à l’industrie du meurtre et de la destruction. Avec la raréfaction de la matière combustible, tout le monde prend aujourd’hui conscience de la fragilité de l’édifice bâti sous l’inspiration d’une idéologie qui a confondu l’aptitude cérébrale ou manuelle avec l’intelligence - à savoir la lucidité, la lumière – intelligence n’ayant d’autre source que l’intelligence de la vie, dont chacun de nous est l’une des oeuvres et des expressions. Il y a comme une dérision dans le fait que si la matière combustible venait à manquer totalement, tout l’édifice, bâti comme une tour dédiée au génie humain, s’effondrerait. Ce sont en l’occurrence les pays dits pauvres qui s’en sortiraient le mieux, car leur vie est encore organisée non sur l’omnipotence de l’argent, mais sur des valeurs sûres telles que la terre, l’eau, les animaux la biodiversité, les savoirs, les savoir-faire traditionnels. Comprendront-ils néanmoins à temps qu’il s’agit bien des valeurs dont nul ne peut et ne pourra jamais se passer et qui sont aujourd’hui dilapidées par la démence des gagneurs d’argent à tout prix ? Bien entendu, nous ne prêchons pas le retour à une société d’antan qui aurait été idéale, ce serait trop naïf, mais nous oeuvrons pour une sauvegarde des valeurs traditionnelles complétées et enrichies des acquis scientifiques et techniques positifs, pour permettre à un véritable progrès, soucieux d’un avenir réellement viable et vivable pour tous, de se construire.
Bien heureuse insécurité.
Un avenir sans autonomie est désormais impossible. L’Europe occidentale, mère fondatrice de l’idéologie qui domine le monde, sort d’une période de grande prospérité, dopée par les ressources quasi gratuites du Tiers monde : elle s’était installée dans une sécurité matérielle qu’elle a fini par considérer comme la norme. Nous savons maintenant que ce fut une grande illusion et l’occident doit faire face à une déconvenue d’autant plus dangereuse que son modèle boulimique est adopté par les pays émergents, en particulier, au moment où les ressources risquent d’être très insuffisantes. Un climat d’insécurité s’installe et, dans le fleuve en crue qu’est devenue l’histoire contemporaine avec la fureur pillarde et aveugle qui la caractérise, sous l’impulsion d’un veau d’or plus triomphant que jamais, des consciences néanmoins émergent et agissent pour un avenir digne de l’intelligence. Ainsi l’insécurité éveille-t-elle les imaginations assoupies pour une créativité tenant compte des critères de la continuité de la vie dans une dynamique d’éveil et d’innovation. Les alternatives en tout domaine fleurissent : agriculture, habitat, nutrition, santé, éducation, énergie... Tandis que les états entretiennent coûte que coûte le modèle, seul en mesure de les justifier et de valider une politique déphasée par rapport aux réalités du monde d’aujourd’hui, la société civile s’appuyant sur son vécu réel et son ressenti quotidien, prépare les voies du futur. L’espoir n’est plus, s’il ne fut jamais, dans la gouvernance des timoniers du monde mais dans ce terreau humain encore vif, encore vivant, confronté aux réalités tangibles et trop souvent difficiles de la survie au jour le jour. Cependant, entre un monde qui décline et un autre à construire, se trouve une transition absolument décisive pour la suite de l’histoire. C’est l’une des raisons pour lesquelles les alternatives, pour construire les autonomies, ne doivent pas se contenter d’être de simples substitutions à l’intérieur du modèle, mais travailler à sa remise en cause. Car à l’évidence, un nouveau paradigme est indispensable pour que l’urgence écologique et humaine soit au coeur des préoccupations du genre humain et que l’argent et l’économie soient là non pour l’asservir mais pour le servir.
L’autonomie, une alternative incontournable
Il est évident que le 21ème siècle dont on dit qu’ « il sera religieux » - nous préférons spirituel -, « ou ne sera pas » devra se confronter au problèmes les plus cruciaux et décisifs auxquels l’humanité ait eu à faire face. Outre les dérèglements climatiques et les conséquences dont nous éprouvons déjà les prémisses, la logique sur laquelle repose le monde d’aujourd’hui va révéler ses aberrations d’une façon extrême. L’effondrement déjà amorcé de ce qu’on appelle abusivement l’économie est quasi inévitable. Les inégalités vont s’exacerber avec un club restant d’hyper nantis et une masse considérable d’indigents. La rareté des ressources évolue avec une inflation de la demande, tout cela sur fond d‘une démographie qui faute d’équité et de partage sera explosive. Au sein de ces évolutions chaotiques apparaît une menace insidieuse concernant la problématique alimentaire mondiale. Le drame alimentaire est déjà une réalité cruelle pour des populations de plus en plus nombreuses. Cependant, l’opinion générale et la politique ne semblent pas concevoir que ce drame puisse affecter les pays dits développés ou émergents. Il n’est pas nécessaire de consulter les oracles : l’analyse très objective des divers paramètres actuellement très négatifs et conditionnant l’autosuffisance alimentaire mondiale suffit pour s’en convaincre. Plus que jamais, produire et consommer localement devrait être le mot d’ordre international. Cultiver son jardin ou organiser collectivement et solidairement la production alimentaire entre ville et campagne deviennent des actes politiques et de résistance. Le message et l’engagement créatif de Terre et Humanisme, au Nord comme au Sud, a pour principale raison d’être l’insécurité et la salubrité alimentaire de toute population. Sans cette autonomie absolument vitale, rien d’autre n’est possible. Il est également évident que l’autonomie, pour être forte et durable, devra se construire sur la sobriété avec peu de besoins et non le « toujours plus ». Elle nécessite une éducation à la satisfaction dans la modération et la solidarité. La relocalisation des activités et la mise en valeur des ressources présentes sur les territoires avec la mobilisation de tous les savoirs et savoir-faire humains va de soi. Le retour à la micro économie par le développement de l’artisanat, du petit commerce, de la petite industrie ainsi que de véritables fermes à taille humaine diversifiées et complémentaires et assurant une gamme aussi large que possible de produits pour satisfaire aux besoins des populations, sans se fermer à l’échange, est également indispensable. Des expériences convaincantes en architecture, énergie, gestion de la ressource en eau, nutrition, santé, éducation, sont déjà réalisées et pourraient être rapidement propagées. Cependant, l’autonomie nécessite de la conviction, de l’audace et du risque dans une société tétanisée par les craintes de toute nature, société qui refuse que la vie soit une merveilleuse aventure à laquelle le risque au quotidien et non celui des performances donne sa plénitude, sa saveur et sa raison d’être. Ainsi l’autonomie, au-delà d’une simple organisation de l’indépendance est un chemin d’initiation et de libération de l’esprit.
Commentaires
Superbe post !
Mais comment sensibiliser nos concitoyens et leur ouvrir les yeux quand tous les médias les invitent au paraître et à l'hédonisme ?
Même les défenseurs de l'environnnement oublient d'en parler car le sujet est tabou, comme je le décris sur mon site
http://sarvodayawanadoofr.blogspot....
Merci pour votre combat difficile
Quel juste constat..
Nous restent la lutte et l'espoir...
Merci...
Jamel.
Merci pour tous ces précieux conseils. Mais comment un citadin, chargé de famille, peut-il développer son autonomie ?
Merci encore pour votre venue qui a été largement apprécié par tout le public présent ce 20 mars à Lasalle à Beauvais.
Au plaisir de vous revoir dans nos amphis M. Rabhi.
Il me semble assez difficile d’aligner ces quelques mots à la suite des Paroles de Pierre Rabhi.
Sa philosophie, sa poésie, sa sagesse, et tout le reste (…) laissent sans voix, mais surtout laissent la voie ouverte « au possible »…
« L'Autonomie... Le temps de l’insécurité créative ».
Dans ce titre, tout est dit. Il n’y aura pas d’autre voie, c’est certain. Mais je pense que c’est aller un peu vite en besogne, et oublier que l’on ne parle pas seulement de la Nature, parfaite, mais de la nature profonde de l’humain, imparfait au possible…
Depuis la révolution industrielle, l’humain se laisse pervertir et posséder par une technologie toujours plus envahissante. Et l’échelle du temps s’accélère de « progrès » en « progrès ».
Que penser des 99% de la « population industrielle » qui sont devenus esclaves du téléphone portable, en moins de 10 ans. Cet exemple est certes ahurissant, mais surtout révélateur de notre niveau de dépendance au système marchant. Qui connaît encore une personne sans portable ?
Comment peut-on imposer un objet totalement inutile à l’ensemble de la population en si peu de temps ? Réfléchir à cette question permet d’avoir une bonne idée de la potentialité des humains à changer dans le bon sens…
Comment peut-on alors imaginer l’autonomie, alors que la dépendance s’accroît de façon exponentielle et perverse ? La perversion en l’occurrence étant celle du système productiviste actuel, qui ordonne de suivre le mouvement, où de descendre du train en marche. Tel que le système est conçu, il n’y aura bientôt plus de juste milieu.
Je pense qu’il est illusoire de croire que la majorité d’entre nous évoluerons positivement sans être contraints par les événements extérieurs…
Revenons à notre propos. La nécessité de l’autonomie… Enfin, pour une infime partie de la population qui sera capable de faire ce pas EN AVANT, volontairement et positivement !
Quand, pourquoi, comment ?
Le pourquoi ne se pose plus : la réponse est évidente.
Quant au « quand et comment », la réponse devient de plus en plus difficile à trouver… Car le train en marche roule aujourd’hui très vite, et sauter du train ne peut se faire sans douleur…
Même pour les plus convaincus.
Bien sûr, il existera toujours des Saints comme Pierre Rabhi pour tout sacrifier et tout reconstruire à la sueur des années, sur une colline rocailleuse, sans aide et sans argent.
Mais comment font les autres, ceux qui ont un tout petit peu moins de force intérieure ?
Comment ?
Car il ne faut pas se voiler la face, l’autonomie ce n’est pas un peu d’autonomie, un peu d’écologie et un peu de décroissance. On « entre » en autonomie à 100%, pour le meilleur, mais aussi pour le moins meilleur. Sortir du cercle pervers de l’argent, et choisir de consacrer tout son temps à ses besoins vitaux, demande de rompre toute dépendance. « Cultiver son jardin » mobilise tout son temps et toute son énergie. Sans parler des compétences qui s’acquièrent avec les années, sinon plus…
L’autonomie, c’est Marc et Lotti du Gers, ni plus ni moins. Ni eau, ni électricité, ni téléphone… Tout est local et fait main. Simplicité volontaire et autonomie signifie de ne pas avoir de facture à payer à la fin du mois, sinon on retombe dans l’engrenage infernal et les petits compromis, pour rester « connecté au réseau ».
Enfin, cette autonomie n’est possible que par l’acquisition d’un lieu.
Et qui dit lieu, même petit et délabré, demande aujourd’hui énormément d’argent.
Mêmes les projets d’éco-villages demandent d’invertir beaucoup et d’accepter certaines contraintes (banques, plans de financement, aides, compromis…).
Bref, il n’est pas simple d’aller vers ses convictions profondes.
« Celles-ci nécessitent une détermination, une volonté et des actes pour lui donner réalité », comme le dit si justement Pierre Rabhi…
J’y ajouterais la nécessité de la rencontre, de l’entraide, d’un élément déclencheur… Car ce projet de vie implique nécessairement une rupture totale avec le système (salaire, chômage, aides sociales…). Pas de compromis possible si l’on veut suivre cette philosophie.
En conclusion, je pense que rien ne peut se faire sans la rencontre, l’échange (…) et l’éducation (si ce n’est pas déjà trop tard).
Fredeau
MERCI...
Votre texte et au-delà toute votre réflexion et votre engagement vrai sont une oasis de lumière dans ce monde désorienté.
Dans ma propre vie, je cherche depuis des années ce que je viens de lire....je suis au bout de ma résistance et malgré tout je garde espoir... je suis veuve, j'ai 3 enfants, et comme beaucoup de gens, je regarde la situation de notre famille , (en microcosme de celle de la planète) se dégrader, se marginaliser... J'ai beau dire à mes deux ainés qu'il faut résister pour construire un futur où chacun aura sa place, il me fallait trouver des exemples concrets pour donner vie à mes paroles. Votre texte sera mon soutien, et je vais le faire lire à mes proches... Je sais que vos paroles trouveront écho en eux . Grâce à vous, je me sens terre féconde, mes fils vont germer et pousser sous votre lumière et trouveront place dans le monde en marche vers une vie alternative.
Mon mari, en mourant désirait ardemment que ses fils deviennent des adultes libres, heureux et responsables... il m'est dévolu cette difficile mission de les guider et aujourd'hui, grâce à vous, l'espoir renait dans mon coeur.
Je vous remercie , sincèrement, et à travers vous , l'homme libre, l'homme vrai, l'homme d'espoir qui nous soutien...
MERCI.
Bonjour,
Je viens d'assister à votre conférence à Volonne , qui reprend les thèmes de ce texte et d'autres encore;
En accord avec cette pensée que l'heure est à la décroissance,qu'il est temps de retrouver une autonomie et un libre arbitre...que seul un éveil des consciences peut amorcer un changement.
Ce qui m'inquiète, vraiment, c'est la force des pouvoirs en face des citoyens qui ont envie de réagir. Comment arriverons nous à contrer autant d'énergies négatives et de puissance destructrice?
On nous impose les OGM, alors que nous sommes une grande majorité à les refuser?
Que devient aujourd'hui notre démocratie et comment pouvons nous la faire respecter?
Même la liberté de penser ou d'agir selon des principes d'humanité et d'entraide devient parfois un délit .
Que faut - il pour secouer la torpeur et la léthargie de chacun ?
Comment se battre et s'oppposer à tant de pouvoirs déployés?
Je me demande si l'humanité ne touche pas à sa fin ?
Elle retrouvera alors ce qu'elle a quitté et oublié : la beauté et l'immensité de sa Réalité.
J'ai déjà lu vos livres et nous sommes tous concernés par ce qui se passe dans le monde, même à des milliers de kilomètres... tout va si vite, que nous serons obligés de regarder la réalité en face... bien sûr il y aura toujours des gens pour se mettre le nez dans le sable, mais comme vous le dites, il ne faut pas attendre que le changement vienne d'en haut.
Merci de toutes vos interventions qui nous tirent vers la lumière.
C’est toujours avec passion et délectation que je lis Pierre Rabhi. Des paroles aussi douces et puissantes que l’eau cristalline tantôt calme et ondoyante, tantôt forte et tumultueuse. Les trois grands mots clés du XXIème siècle sont très clairement : spiritualité, autonomie et humilité.
Le commentaire de Fredeau m’a également beaucoup plu tant il devient complexe, pour ne pas dire impossible, de s’affranchir totalement du système. Il ne faut pas seulement ne plus avoir de facture d’eau ou d’électricité, il faut aussi pouvoir se nourrir, se vêtir, se chausser, s’abriter et être en mesure d’y apporter une continuité temporelle sûre. Pas question d’acheter des T-shirt ou des basquets chez carrefour confectionné par des petites mains à 1 dollars la journée ! Il faudrait élever ses moutons, traiter et tisser leur laine. Pas question non plus d’acheter sa pelle ou sa hache made in China. Il faudrait extraire le minerai de fer, le raffiner, le travailler, le modeler pour en faire des outils digne de ce nom.
Réaction aux imperfections et trahison de l’homme, l’autonomie absolue semble impossible à tenir. Idéalement, il faudrait pouvoir revenir à une structure villageoise postmoderne avec son maréchal ferrant, son tisserand, ses boulangers, et dans laquelle le féodalisme à cédé la place à l’humanisme et un culte du beau, du subtil, du subjectif, donc de la Vie et du cosmos. Un bien vaste programme pour un humain qui n’a toujours pas compris ou assimilé le sens de sa présence dans la force tranquille et humble du vivant. Et comme l’a très bien dit Pierre Rabhi, une trame dans laquelle tout se tiens, tout est lié. Que l’on tire inopinément un fil et c’est tout un pan de beauté sacrée qui s’écroule sur l’autel de la modernité.
L’autonomie harmonieuse passe donc par une organisation sociétale en petites structures ouvertes mais autosuffisantes. Ouvertes aux idées et aux échanges matériels dictés par l’humanisme et le bon sens et non par cette funeste théorie des avantages comparatifs mondiaux ou continentaux. Bassins versants, rivières et montagnes sont des limites spatiotemporelles parfaitement adaptées. Pour bien faire, il suffit d’observer la nature et l’imiter plutôt que de vouloir la maitriser. Briser ces limites naturelles pour des raisons de logique de maximisation profit financier est réducteur et par conséquent, destructeur et mortifère (Cfr. DOGMES sur http://ploutopia.over-blog.com).
Ainsi, pour terminer, autant l’action volontaire individuelle et humble est nécessaire, autant l’environnement social, politique et idéologique devient un frein de plus en plus puissant à l’accomplissement d’une société plus humaine et respectueuse. Malgré les apparences, les normes sociales (juridiques et économiques) ne sont plus le fait de la majorité mais d’une idée. Une idée soutenue et entretenue pas le côté vil et égocentrique de l’homme.
Gageons que le verbe de Pierre l’emporte sur cette idée aussi vigoureuse que bête et méchante. Le verbe est créateur dit-on. « Le verbe n’a de force magique que lorsqu’il est vrai » disait le défunt réalisateur russe Andreï Tarkovsky.
Ploutopia (http://ploutopia.over-blog.com)
Merci à tous de ses commentaires, que j'aime,
Merci à tous,
Curieusement cela m'amène un goût amer, moi qui suis de nature optimiste. Je rêve d'un espace nature où je puisse évoluer de façon autonome, cela sur tous les plans, et je me mets à douter de tout cela, tellement cela me tient à coeur, oh! merci de vous lire, je ressens que l'on n'est sur le même bateau, je n'ai pas dire galère !!! Merci à tous d'être là , je veux croire au possible, pour l'honneur de l'humanité.
Bien à tous, Kokoelli
Merci pour vos reflexions salutaires qui semblent commencer a porter.
Depuis plusieurs années, vos réflexions inspirent au quotidien notre démarche pour une nécessaire "insurrection des consciences". Pour nous Slowfoodien bruxellois, cette insurrection porte sur la volonté de nous réapproprier la part d'alimentation adaptée et durable que l' "homo economicus" nous à volée, puis maltraitée, puis abandonnée, voire assassinée au profit de "la plus haute rentabilité". Je le dis sans dogmatisme mais avec une inébranlable détermination : nous devons absolument contribuer à réintroduire la biodiversité alimentaire dans notre assiette, développer les économies de proximité... en posant des actes de consommation créatifs chaque jour.
Avec notre respectueuse amitié, nos encouragements et notre profonde reconnaissance.
Bravo, bien dit
Le paralèlle entre les pensées sages et la bonne terre, le bon humus. Je crois que Dieu nous a donné de comprendre le fonctionnement de ce monde par la compréhension de sa terre, c'est en partie notre héritage ; de nombreuses paraboles sont à prendre pour la survie de notre âme, pour la circulation des énergies la mettant en dynamique, une dynamique vivante.
Bonjour à tous,
Je suis un retraité de l'artisanat.
J'ai rencontré par pur hasard sur le Net le blog de Pierre Rabhi. Un vrai plaisir à lire. Beaucoup de principes que je partage depuis toujours, rejetant cette dominance du tout puissant argent chapeautant un système qui serait bien en phase finale depuis la mondialisation. Il est clair qu'on va vers de graves conflits devant une catégorie d'individus qui meurent de faim alors que d'autres jettent à la poubelle les surplus qu'ils n'ont même pas consommés !
Honte à ces gens là , inconscients et irresponsables, guidés, endoctrinés par les publicités d'une poignée dont le seul but est de faire des profits. Encore du fric encore et encore ! On ne peut pas non plus tout rejeter du progrès et retourner vivre à l'ancienne car tout le monde ne peut pas cultiver son jardin mais on peut corriger nos comportements et éduquer les générations futures à respecter tout ce que la nature nous a donné. Mais Il y a du chemin à faire car les habitudes sont prises ne serait-ce que de se passer de voiture pour aller conduire les enfants à l'école !
Je diffuse au maximum auprès de tous mes contacts,amis et autres ce blog qui je l'espère soulèvera les consciences endormies.
Bien cordialement,
J.Claude
Je vous ai écouté samedi avec ferveur! Je ne vous connaissais pas mais du coup je vous fait connaître à tout mon entourage ! Je démarre un blog pour notre Amap du Tarn et j'ai aussi d'autres lecteurs sur un autre blog ! Je fais de la sculpture avec quelqu'un qui paraît-il vous connaît bien : Martine Besnard
Cordialement
Michelle
Bonjour à tous,
je n'ai jamais entendu Pierre Rabhi en conférence mais j'essayerais vraiment de l'entendre. En attendant, je dévore tous ces ouvrages, j'ai tant besoin de réponses mais cela a redonné un sens à ma vie encore empreinte de doutes, d'angoisse quant à l'avenir. C'est une révolution profonde j'ai l'impression que d'autres routes s'ouvrent et que que je respire... car je pense à présent grace à cet homme que rien n'est perdu. L'Homme a donc encore cette force de guérir et non de détruire si il le veut vraiment. Il y a encore tant de choses à accomplir mais je me sens encore si petite...
Encore chapeau bas Mr Rabhi.
Au moment de mettre en place un projet de moyenne envergure, consistant à faire de la pâte à papier avec une plante annuelle, votre message est un guide, il met les barrières là où nous ne devons pas aller, mais il stimule et nous encourage.
Merci et au plaisir de vous lire
Jackyarche
Bonjour,
Je ne connaissais pas Pierre RABHI et je n'en reviens pas car j'ai découvert un personnage remarquable d'intelligence et de pragmatisme. Je partage ses idées depuis tant d'années et je suis moi aussi pris au piège redoutable de notre système libérale économique qui fait de nous des moutons.
C'est terrible d'avoir conscience d'aller droit dans le mur et de se sentir "impuissant".
Je réfléchis depuis quelques temps au concept de l'éco village qui sera la représentation d'une autre façon de vivre, sans qu'il s"agisse de créer un système autarcique car là , en l'état de la société ce serait une véritable utopie.
Il faut vivre effectivement en utilisant les outils positifs des nouvelles technologies mais en sauvegardant l'essentiel: l'habitat, l'alimentation, la solidarité, la dépendance la plus limitée possible.
Tout doit être autour de l'habitat qui doit respecter l'indépendance de chacun.
A travers ce blog qui diffuse la philosophie de Pierre RABHI
J'aimerai rencontrer des adeptes pour ce type de projet : le temps de l'action est arrivé ; la crise financière et économique nous confortent dans l'urgence d'agir.
Merçi à Pierre RABHI pour l'énergie qu'il nous donne.
jean-yves H
Bonjour !
Je viens d'entendre une interwiew de Pierre Rabhi à la radio et me suis empressée de consulter internet pour voir si un lien existait.....
Bonheur de voir que cette technologie permet également de faire circuler des idées essentielles pour trouver des alternatives réelles et concrètes à l'avancée vertigineuse vers le gouffre de la surconsommation!
Merci à Pierre Rabhi pour toute l'énergie investie dans des projets à dimension humaine. Merci pour ses mots pesés, ancrés dans un sol vivifiant!
Gebuka
Je retrouve Pierre sur ce blog que je découvre, le compost à Chinguetti ça remonte à bientôt 10 ans !!! maintenant je suis en mission DCC au Maroc pour 2 ans et voudrais avoir des news des actions ICI....
Merci de me répondre.
Bonjour à tous, en lisant tous les commentaires on se dit que tous ces trésors spirituels dont vous êtes porteurs seraient si utiles en les faisant travailler ensemble...
Et si l'on se regroupait tous, pourrions nous le faire, sans égo, un peu comme l'a fait l'abbé Pierre, sans faire de jeu de mots avec Rabhi qui tout deux sont des saints hommes, en serions nous capables?
Cela dans les années qui suivent risque d'être notre seule alternative, et les sacrifices que nous n'aurons pas faits progressivement, pourquoi pas en nous regroupant pour tenter de trouver une solution, seront trop brutaux pour nous apporter la paix qu'une vie en accord avec nos principes devrait établir.
Je suis le premier à être en total désaccord avec moi même n'ayant pas encore acquis cette autonomie libératrice source de plénitude j'imagine...
Nous avons réussi avec ma compagne et nos enfants à nous installer à la campagne il y a six ans ; c'était un pas certes mais le constat actuel en dépenses d'énergie et donc pollution de la planète est accablant ! L'un de nous deux devant pour l'instant toujours travailler, histoire de payer comme tout le monde le droit de vivre sur la terre que l'on a mis vingt ans à se payer par exemple, et bien implique que nous ayons deux voitures car l'autre doit pouvoir amener les enfants à l'école... faisant chacun environ 20000 kms annuels ! Cela veut dire que tous les ans à tous les deux on fait le tour de la terre et nous ne sommes pas des cas isolés dans les deux sens du terme. Je connais des tas de gens qui ont de belles pensées comme vous et moi, mais seuls pouvons nous réellement transformer le quotidien littéralement et durablement ?
Heureusement que des êtres comme Pierre Rabhi nous montre que c'est possible et partage son expérience!
Dans l'espoir que nous y arrivions tous, réunis ou pas, je lance cette bouteille à la mer...
J.Christophe
Nous avons beaucoup de respect pour Pierre Rabhi et nous serions heureux d'avoir son avis sur notre demarche!
Lumineuse rencontre quelques jours avant Nöel...A travers votre livre Pierre Rabhi. Depuis plusieurs années, je chemine doucement; est-ce que l'autonomie n'est pas en fait un long parcours: fait de rencontres, d'échanges, de questionnements, d'interrrogations sur le sens de la vie, de changements consentis, de renoncement...
Des liens se tissent doucement...cette "révolution citoyenne" est en marche.
Il y a quelques années j'ai réalisé qu'on allait "dans le mur" mais aujourd'hui on je me dis qu'on est "dans le mur"! Et certains continuent de nous "assommer de leurs certitudes" (croissance adorée!).
Etre autonome c'est de pouvoir faire des actes de résistances! Même simples! Avec humilité mais conviction! Refuser d'avoir un téléphone portable! par exemple! Et faire d'autres petits actes au quotidien...Change -toi toi même...
Mais il y a ceux qu'on aime aussi et qui n'ont pas fait le cheminement au même rythme malgré les discussions... Il y a les enfants qu'on doit éduquer (ex ducare = conduire en dehors) et qui sont nés dans ce monde étouffant de la consommation! Leur faire comprendre nos choix, nos refus...Pas simple!
Je suis enseignante d'agronomie et je suis affolée par le formatage de ces jeunes esprits! Leurs rèves sont bien différents des miens! Avoir!
Mon projet? Cultiver mon jardin! Mon rêve? Peut-être en cultiver un avec mes élèves...Il faudrait oser ne pas suivre ces programmes! ... Un espace d'autonomie où seule la terre nous dictera son rythme, ses besoins et nous donnera ce qu'elle voudra bien nous offrir...
Merci à tous de ces messages d'espérance!
Merci Pierre Rabhi
Merci Pierre de permettre une élévation de conscience au travers de votre perception éveillée de la situation actuelle. Cependant, une prise de conscience ne suffit pas à mettre en œuvre l'alchimie du changement. Cela nécessite pour chacun d'entre nous, une volonté farouche et quasi permanente d'opérer ce changement de paradigme au travers d'une vision lucide des situations multiples que nous alimentons continuellement par nos comportements quotidiens.
Je peux symboliquement changer la face du monde avec 1 €uro, car tout dépend à qui je le donne, si je conscientise cet acte je vais non seulement changer ce qui est après, mais également ce qui est avant. Si je consomme des aliments saints je vais " couper l'herbe sous les pieds " des exploitants agricoles et favoriser la biodynamie en redéfinissant les bases de " l'agrologie " ( agro- ; champs ; - logie ; science, étude ) [ voir les Travaux de Claude Bourguignon : http://www.dailymotion.com/video/x1... & http://www.lams-21.com/index.php ] comparativement à la culture intensive qui dissémine destruction et épuisement des écosystèmes. Je vais cesser d'ingurgiter des pesticides, fongicides ( suffixe -cide ; qui tue, qui sème la mort ) et des engrais chimiques. Si la demande fléchit, la baisse de fabrication s'en suivra inéluctablement, ( pas de receleur, pas de voleur ). Sans compter les bénéfices sur la Santé. Nous avons la possibilité d'agir en amont et en aval. Ceci est valable pour tout le reste également. Tout est question de conscience ! Cette attitude renforcée par la théorie du centième singe [ http://www.oulala.net/Portail/impri... ] et appuyé par la parabole du Colibri, l'espoir naît de cette volonté farouche de la Vie à s'épanouir telle la graine qui opère sa transmutation alchimique dans les tréfonds sombres et humides de la psyché, Terre matricielle du nouveau paradigme.
Bonjour,
Je voudrais aussi témoigner... Je m'appelle Fabrice, j'ai 24ans.
Étant de nature à me poser beaucoup de question, à m'intéresser, à chercher la Vérité (tout au moins ma Vérité)...j'en suis arrivé à quitter le système.
D'ingénieur consultant en télécom (rien d'autre que pollueur à mes yeux), je suis en train d'entreprendre une ré orientation professionnelle pour devenir Cultivateur Bio !
Je viens de lire toute cette page et je voulais vous dire que j'ai eu frissons sur frissons. Je viens de lire ce qui m'anime, ce que je vie et c'est tout simplement splendide !!!
Merci à tous pour vos écrits (bien plus "jolis" que les miens). Je suis persuadé d'être sur la bonne voie comme beaucoup d'entre vous. J'y arrive parce que j'ai laché prise sur beaucoup d'idées préconçues, inventées, et avant toute chose sur la peur qui nous empêche d'entreprendre, de vivre notre Vie, ma Vie, et non celle qui nous ait dictée !
Finalement, Mr Rabhi, je voulais vous dire Bravo pour ce que vous faites, pour ce blog, le mouvement Colibris.
Je serais ravi d'œuvrer à vos cotés, à ma manière : grâce à la Terre !!!
Encore MERCI pour ce joli blog très informatif!
Bonjour Monsieur Rabhi,
J'ai beaucoup entendu parler de vous !... Je salue vos travaux... Et je vous encourage à continuer, même si les choses sont dures !... Je suis convaincu que la plupart des gens n'ont pas conscience des périls qui pèsent sur l'Humanité et sur le Monde... Le système médiatique n'aidant pas...
La civilisation productiviste et la démographie humaine, ainsi que le bêtise humaine sont en train de détruire la Vie sur la Terre... Notre pauvre Terre...
Pour moi, le modèle rural paysan ou modèle poly-agriculteur ; poly-éleveur, est une voie qui peut contribuer à nous sauver... C'est une des solutions à un des nombreux problèmes que l'Homme sait si bien se créer !...,...
Je vous souhaite bonne chance et bon courage, ne baissez jamais les bras !...
Cordialement.
Nicolas.
Ci-dessous, quelques sites internet qui pourront peut-être vous intéresser :
Syti, un site internet qui a pour sujet : une réflexion sur la mondialisation et les dangers pesant sur la démocratie.
J'ajoute que le site est très bien fait !...
www.syti.net
Et ci-dessous, un autre site qui a pour nom l'arbre des possibles de Bernard Werber, ce site a pour but d'explorer les futures possibles, cela va du meilleur au pire, vous verrez c'est pas mal aussi !... ca parle aussi d'utopies...
www.arbredespossibles.com/index.php
Je partage l'essentiel de votre analyse. J'ai eu la chance de vous rencontrer à plusieurs reprises pour des entretiens journalistiques et je tiens à vous remercier pour votre Humanisme, votre simplicité, votre gentillesse. Ce fut pour moi, comme pour ma compagne Véronique Labre, un grand bonheur de vous rencontrer et de dialoguer avec vous .
Cela fait longtemps que mes amis et moi nous vous aimons. Votre influence va grandissante, le fleuve de la solidarité et de l'espérance aussi, je l'espère comme vous. Nous avons besoin de tous et de vous aussi. Je participe à la création de groupes locaux pour développer l'économie locale éthique d'initiative citoyenne. Il y a une rencontre à Montélimar le 17 mars 2009. Humblement, chacun sa pierre, aidons nous!
Merci Pierre Rabhi !
Bonjour Monsieur Rabhi
Je ne vous connaissais pas et j'ai eu l'occasion de vous écouter dernièrement à "Compléments d'enquêtes" . J'ai chercher vos bibliographies et voilà pourquoi je suis là aujourd'hui. Vous m'avez interpellée au plus haut point. Je suis une personne qui défend au mieux la cause écologique par des actes réfléchis de tous les jours et qui répand autour d'elle tous ces conseils de "citoyens de la planète." Mais voyez vous la "décroissance" m'a tué.
Je me suis opposée à elle (cette décroissance extrême) en pensant qu'il existait obligatoirement une alternative entre cette vie de surconsommation polluante et celle de vivre d'amour et d'eau fraîche! J'ai refusé à suivre mon mari pour aller vivre dans un tipi au bord de la rivière. Vivre écologiquement et en adhérent très modérément au principe de consommation me paraissait suffisant pour sauver notre planète, sa nature et ses hommes.
J'ai perdu l'homme que j'aime. (Il a pourtant été patient 30 ans que je lui résiste) et aujourd'hui, vous, grand spécialiste vous m'annoncer qu'il n'y a pas d'autres solutions.
Non seulement j'ai tout perdu mais en plus j'avais tord.
Triste constat.
L'humain est tel que ce n'est qu' acculé qu'il réalise ses erreurs! Malheureusement la planète est déjà que trop amochée et de plus en plus de gens souffrent de la faim.
Merci pour votre éclairage. Il ne me reste plus qu'à méditer , panser au mieux mes blessures et à vous lire bien sûr!
Akéne
Il nous reste à travailler sans relâche à créer notre autonomie dans l'interdépendance... C'est un travail poétique de réenchantement du monde, une ouverture indispensable sur l'espérance que porte le vivant...
Nous n'oublions pas seulement le lien avec notre terre nourricière, nous perdons aussi celui qui nous relie à nous mêmes. car notre être est en lui-même, aussi, un écosystème dont chaque élément brille par son autonomie, rendue possible par son interdépendance avec les autres éléments...
Merci, pour le regard échangé, dans un "bonjour" chaleureux, lors de votre passage à Mérindol.
J'ai apprécié les textes de Pierre Rhabi, l'avoir vu en conférence m'a aussi ressourcé. Je crois que tout le monde peut faire autrement et dans le sens de ses paroles. Il n'y a pas de solution magique, facile. nous sommes à un point de remise en question important. Personnellement je fais attention à beaucoup de choses. A mes besoins quotidiens, nutritifs, écologiques, technologiques. il y a aussi les besoins relationnels, affectifs, avec les gens et donc le lieu. Souvent tout ça rentre en conflit. Par exemple, a t-on besoin de faire des films alors que la majorité de la production de films est néfaste et médiocre. Pourtant je suis passionné et je vois encore quelques voies nécéssaires. Je voudrais faire des films avec peu de moyens ( et c'est possible ), d'une manière autonome.( je veux faire des films avec les gens, dans des projets de présentation de manières de vivre, en construction sur des cheminements de pensées et d'actes, et là encore c'est possible ) evidemment, l'argent me pose des murs opaques régulièrement. Comment se loger, comment acheter enfin une petite caméra? Ou vivre, dans une ville ou l'activité audiovisuelle me permettra peut-être d'avoir des travaux réguliers, mais ou l'éclatement des préoccupations ne me permettra pas d'habiter le lieu, à moins de devenir schizophrène...et encore beaucoup d'autres questions assez primordiales.
J'y réfléchis, je fais des concessions, mais je garde bien ça dans un coin de la tête en permanence. ça me parait tellement logique que c'est une force de ne pas l'oublier.
Il faut effectivement cultiver son jardin, au propre comme au figuré, même si on ne peut y semer que quelques graines incertaines pour l'instant. Il faut garder ces convictions lorsqu'elles sont bien réelles et ne pas s'épuiser ailleurs. C'est déjà de l'énergie de gagnée.
C'était il y a bien des années au moment où la notion d'oasis en tous lieux balbutiait. Ma rencontre avec Pierre en Ardèche... l'autonomie intérieure a été un long chemin très solitaire, et ceci est incontournable. aujourd'hui j'ai gagné ma reraite et je retrouve la vie. Seule dans mon jardin de normandie je contijnue à essayer de réaliser concretement les multiples conseils pratiques et... humanistes de Pierre. Une âme soeur. Peut-^tre qu'il s'en souvient malgré la notoriété et ses multiples conférences. Chaque gaine plantée dans le coeur des hommes peut un jour germer et donner de belles fleurs. Meilleur souvenir à Pierre et bon vent à mon ami. Danielle.
Merci MONSIEUR RABHI
Quelle déchirure mais aussi quel espoir quand des hommes comme vous éblouissent la conscience d 'êtres humains sensibles à la beauté du monde alors que d' autres sont encore éblouis par le veau d' or
voici un petit commentaire écrit sur mon blog
L' écologie est notre histoire
les systèmes écologiques ont fonctionné naturellement jusqu'à ' à ce que l'homme cherche la sécurité matérielle dont découla le profit
Dés lors les chaînes écologiques ont été rompues et le flux naturel a commencé à s' entraver
L'homme,ultime étape de l' évolution des êtres vivants (si on considère cette longue période en la ramenant à 24h l' homme apparait à minuit moins une minute)a longtemps eu sa place dans ce schéma écologique
La question se pose ,pourquoi des hommes se sont égarés du système naturel alors que d' autres étaient encore totalement intégrés à la nature sans la dominer mais en y vivant en parfaite harmonie
Nos croyances,nos images divines nous ont éloignés
Voici un texte avec lequel je me sens en accord
Standing Bear, chef Lakota (Sioux)
"Le Lakota était empli de compassion et d'amour pour la nature, et son attachement grandissait avec l'âge. (...) C'est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de vie. S'asseoir ou s'allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement. Ils contemplaient alors avec une plus grande clarté les mystères de la vie et se sentaient plus proches de toutes les forces vivantes qui les entouraient.
Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le coeur de l'homme éloigné de la nature devient dur. Il savait que l'oubli du respect dû à tout ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l'homme. Aussi maintenait-il les jeunes sous la douce influence de la nature."
( texte Lakota empruntés sur le site superbe de sytinet )
Pierre,
pour vous avoir une foi rencontré et vos pensées, je ressens un amour léger comme l'amitié et de l'estime.
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