J'ai un énorme contentieux avec la modernité
Par Pierre Rabhi le vendredi 14 janvier 2011, 16:33
Modernité
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Je ne partage pas l'idée selon laquelle l'économie de marché à sorti le monde de la précarité. Je suis témoin du contraire. Dans cette oasis du Sud algérien où j'ai grandi, j'ai vu une petite société pastorale bouleversée par l'arrivée de l'industrie houillère. Mon père, qui faisait chanter l'enclume pour entretenir les outils des cultivateurs, a dû fermer son atelier pour s'abîmer dans les entrailles de la terre. Au Nord comme au Sud, des hommes ont été consignés pour faire grossir un capital financier dont ils n'avaient que des miettes. Ils y ont perdu leur liberté, leur dignité, leurs savoir-faire. J'avais 20 ans quand j'ai réalisé que la modernité n'était qu'une vaste imposture.
Je n'ai cessé, depuis, de rechercher les moyens d'échapper au salariat, que je considère, à tort ou à raison, comme facteur d'aliénation. C'est ainsi que je suis devenu "paysan agroécologiste sans frontières". Depuis trente ans, j'enseigne en Afrique des techniques que j'ai débord expérimentées sur notre ferme ardéchoise. Je rencontre des agriculteurs pris dans le traquenard de la mondialisation. Des hommes à qui l'on a dit : "Le gouvernement compte sur vous pour produire des devises avec des denrées exportables. Vous devez cultiver plus d'arachide, de coton, de café. Il vous faut pour cela des engrais, des semences, des pesticides." Dans un premier temps, on leur distribue gratuitement. Cadeau empoisonné. Car, à l'évidence, la terre est dopée et la récolte est plus abondante. Impressionné, le paysan retourne à la coopérative. Cette fois, les produits miracles sont en vente, à prix indexé sur celui du pétrole qui a servi à produire des engrais. "Tu n'as pas d'argent ? On va te les avancer et on déduira de la vente de ta récolte."
Le paysan sahélien qui cultivait un lopin familial se retrouve alors propulsé par la loi du marché dans la même arène que le gros producteur de plaines américaines ; endetté, puis insolvable. On a ainsi provoqué une misère de masse, bien au-delà de la pauvreté. Le travail que nous faisons au Burkina Faso, au Maroc, au Mali et, depuis peu, au Bénin et en Romanie, consiste à affranchir les agriculteurs en leur transmettant des savoir-faire écologiques et en réhabilitant leurs pratiques traditionnelles.
Pendant des siècles, on a su travailler la terre sans intrants et sans la crise qui affecte aujourd'hui même les pays dits prospères. Je réfléchis à la création d'un modèle qui s'appellerait "un hectare, une famille, un habitat". Demain, on ne pourra plus assurer les retraites, les indemnités de chômage. Il faudra réapprendre à vivre avec un potager, un verger, un clapier, un poulailler, une ruche et des petits ruminants. Retrouver une performance qui ne se fonde pas sur une croissance illusoire mais sur la capacité à satisfaire ses besoins avec les moyens les plus simples.

Pierre Rabhi
Commentaires
Quelle clairvoyance! Je vous félicite Monsieur. Quel dommage qu'il n'y ait pas plus de gens comme vous.
Love Pierre, et tous les cailloux, car leur conscience comme la tienne est celle de la terre (et pas délétère) :)
Ce que je ressens aujourd'hui, c'est de revenir à une consommation raisonnée et raisonnable, juste pour Gaïa et ainsi devenir autonome.
Merci Monsieur Pierre Rabhi de nous rappeler ces fondamentaux.
monsieur , j'ai entendu votre parole ,j'ai lu votre contentieux j'y ai découvert et surtout dans le dernier paragraphe tout ce que je pensais, essayais de vivre mais n'avais jamais su l'exprimer aussi clairement.
dés que possible je vais me procurer vos livres. merci
Bonjour.
je vous laisse un commentaire car je vous ai entendu hier parler sur France culture.
je suis contente que vous parliez de la goutte d'eau de chacun, car moi je suis artiste et je n'ai rien que mon travail, et je veux le vendre pour vivre, ce n'est pas de la décroissance que de produire encore...c'est ce qu'on me reproche à l'intérieur de moi-même.
Pourtant je produit mes oeuvres de la façon la plus écologique possible.
Je mange bio , peu de viande, et j'espère ainsi éviter une opération car j'ai une maladie des reins , (polykistose) .
En mangeant peu de protéine et en buvant que quand j'en sens le besoin , j'espère y arriver.
je me demandais vu la pression que je supporte par rapport à cela , ce que vous pensiez des machines médicales???
Votre fille produit de la belle musique!!
Bien à vous et vive l'agriculture biologique...
Une petite fille dans l'univers qui continuera à laver son linge à la machine...
Croyez vous à l'énergie libre??
Je viens de lire votre livre "Manifeste pour la terre et l'humanisme", qu'un auto-stoppeur a oublié dans ma voiture.
J'ai été vraiment enthousiasmé par votre présentation des mécanismes du productivisme agricole; pour la première fois j'ai cru comprendre quelque chose à cet apparent paradoxe qui fait que tout agriculteur améliorant ses rendements et sa productivité, s'appauvrit, et s'endette. Et s'aliène.
En revanche, je n'ai pas adhéré à l'élargissement de l'analyse à l'ensemble du système économique. Fidèle à votre ligne de ne pas se référer aux idéologies ni aux clivages politiques, il m'a semblé que vous vous priviez des outils permettant de dégager les véritables tenants et aboutissants de ce système. Du même coup, les explications que vous donnez à cette dérive économique, à savoir un manque d'éthique et d'intelligence, si elles portent une certaine vérité (je ne suis pas certain que ce soit le cas, autrement dit que les responsables des sphères financières, économiques ou politiques manquent d'intelligence) relèvent d'un champ, d'un domaine de pensée, étranger à l'objet que vous critiquez, inopérant, inoffensif. Bref, je ne pense pas qu'on puisse faire l'économie d'une analyse des mécanismes du pouvoir qui sous-tendent le système.
Aussi, et c'est ce qui motive ce commentaire à l'article que vous publiez ici, ai-je été très heureux d'y trouver le mot que j'ai cherché en vain dans votre livre, ce gros mot, "capital" (et le simple fait de l'employer, fait apparaître sa traine de concepts dangereux). Pas que je sois marxiste, mais seulement, autant votre livre m'a séduit, autant j'y ai éprouvé le manque qu'il y a à ne pas nommer, là où nous avons des mots pour nommer.
J'apprécie également ce constat que l'économie de marché n'a pas sorti le monde de la précarité. Constat sur lequel il est de plus en plus difficile de s'aveugler, quoiqu'on nous martèle l'évidence du progrès technique, scientifique, médical, et l'amélioration de notre bien-être auquel il contribue au premier chef (exception faite des loosers car, on le sait bien, nous sommes tous égaux).
Enfin, une dernière remarque et après je me tais, l'idée que les retraites et les indemnités chômage ne puissent plus être payées demain, a été contredite par plusieurs thèses d'économistes, à commencer par celle de Bernard Friot (Voir sont entretien à Là -bas si j'y suis le 2 septembre dernier, son livre "L'enjeu des retraites", ou son illustration par Frank Lepage)
Bien à vous
ce matin a la radio je vous entend pour la première foi, ce soir je rentre du boulot et aussitôt je li un de vos article , une famille un habitat un hectare un pot agé ...ho oui l'argent ne coule pas a flo mais la source ,elle, peu nous apporter que du bonheur
je confirme que vos idées sont excellentes, trop de paysans dans le monde ont souffert d'avoir accepte les conditions de certaines sociéts américaines qui sont en train de ruiner définitivement les sols et ceci dans tous les pays j'approuve donc le combat que vous menez et de tout coeur vous souhaite bonne chance.
Je travail en Arabie Saoudite et je suis temoin du cote nefaste de la modernisation. Le peuple Saudien et devenu 'riche' tres vite avec le petrol. Mais, en contre partie les valeurs fondamentales des bedoins ont ete perdus.
C'est triste. Et oui, le 'progres' n'est pas vraimant progres.
Ghost
je viens de vous découvrir il y a quelques mois... grâce à un ami qui m'a offert un de vos livres : "la part du colibri"... votre message est porteur d'espoir.
j'aurai souhaité savoir s'il y aurait la possibilité de vous voir pour une conférence sur TOURS... prochainement.
Pourriez vous me répondre. merci
@Bernie
Les conférences de Pierre Rabhi sont indiquées dans l'agenda des Colibris :
http://www.colibris-lemouvement.org...
Bonjour,
J'aimerais revenir sur le concept "un hectare, une famille, un habitat" cité en fin de message.
Je n'ai pas toutes les données pour faire de savants calculs, mais êtes-vous bien sûr qu'il y ait sur Terre suffisamment d'hectares cultivables pour appliquer ce principe à toute les familles de l'humanité ?
J'en doute...
Et si la solution était de dire qu'il y a trop d'hommes sur Terre ?
Où etes-vous en Roumanie ? J'habite souvent à Folt, petit village de Transylvanie près d'Hunedoara; et je suis effaré de voir les quantités d'engrais et de pesticides qu'utilise les paysans...
Vos paroles résonnent si justement ...
Merci d'être tout simplement qui vous êtes Monsieur Rabhi avec cette magnifique capacité à exprimer ce qui vibre déjà chez beaucoup d'entre nous.
C'est une intention, un vœu très cher que je dépose ici : je souhaite que les consciences s'éveillent et s'ouvrent à la beauté de la vie et que chacun, à sa façon et à son rythme puisse tranquillement œuvrer à une humanité meilleure.
Les petits ruisseaux font les grandes rivières, n'est-il-pas ?
Maoni
@Aalain :
Différentes sources existent (et divergent) pour calculer l'espace existant cultivable. Une compilation ici : http://errements.over-blog.net/arti...
En gros, une surface agricole utile mondiale de 5 milliards d'hectares. On serait donc dans le bon ordre de grandeur.
Le problème étant que nos veaux, vaches, cochons, couvées en occupent une bonne partie !
Laisserais-je mon entrecôte pour la souveraineté alimentaire d'une famille africaine ?
Oui, votre combat est celui que doit mener tous les citoyens qui pensent encore qu'un autre monde est possible. Un système économique n'est utile que lorsqu'il permet à la population de bien vivre, de mieux vivre sans bouleverser les fondements sociales des communautés de base. Oui à la modernité, mais non au capitalisme qui ne cherche que le profit du petit nombre!
J'ai en tête une phrase de Nietzsche qui dit "rares sont les hommes (ou femmes) qui vont vers la lumière pour mieux voir, ils (elles) y vont pour briller". Merci à vous de rester un être rare et de continuer à nous éclairer. Votre simplicité, votre conscience et votre intelligence sont un terreau indispensables. Bien à vous et courage. Un simple et grand merci .
Bonjour Pierre,
Ce fut un plaisir de vous entendre ce matin sur les ondes de France Inter. J'ai 22 ans, votre parcours et votre combat me touchent.
Puissiez-vous véhiculer vos idées encore longtemps,
Flora.
nos grands parents donnaient de l'argent à l'èglise pour gagner le paradis nous donnons le notre au buraliste pour gagner le loto hellin 1483
Un régal à vous lire et vous écouter, c'est tellement juste et clairvoyant ....Bravo Monsieur!
La modernité rend les hommes sots. Dans tous les pays riches ou à en devenir: c'est le même scénario. L'homme s'éloigne de sa propre nature pour devenir un véritable sot, il est manipulé, lobotomisé par la surconsommation, les loisirs et les médias. Et malheureusement en cette période de crise cet individualisme va s'accentuer. Le sot se radicalise, il devient haineux envers son prochain. Alors que c'est si simple d'aimer. Je pense que c'est notre devoir d'éclairer les hommes. Je fais parti de ceux qui souhaiterai vous voir jouer un rôle en 2012. Mettre votre talent oratoire aux services des hommes me parait essentiel en cette période de chaos. Merci à vous Monsieur Rabhi
Bonsoir Pierre,
J'étais à jusqu'à présent sans le savoir, une colibri esseulée, seule dans les flammes à faire ce que je pouvais avec ce que j'avais.
Je me joins au mouvement. Merci de l'avoir initié et d'avoir mis en mots simples et limpides ce que nous sommes des milliers (des millions surement) à ressentir dans notre coeur.
Mélanie
les petites fermes ont construit l'humanite...La modernite n'a pas synchronise avec la sagesse,...les immenses metropoles ont besoin de nourriture..la terre n'a que quelques millions d'annees a vivre....Personellement je prefere l'epoque du Neandertal...?
Pierre,
Les hommes confondent si souvent possession et bonheur qu’ils vendent leur âme à la recherche de richesses illusoires et futiles, persuadés qu'ils sont que l'opulence comblera leurs attentes.
Ma femme, mon amour, est morte il y a quelques semaines des suites d'un cancer. Et je sais aujourd'hui, que le seul trésor auquel un homme peut prétendre est l'amour absolu et inconditionnel. Ce sentiment qui ne demande ni efforts, ni pesticides, ni engrais, ni effusions de sang. Cette émotion qui se nourrit de vérité, de partage et de tendresse. Et que l’on cultive par un sourire, une caresse, un regard ou quelques mots. Des mots si simples qu’ils en seraient dérisoires s’ils ne portaient pas en eux la promesse du vrai bonheur.
salut, j'adhère entièrement au fait que le contexte du pseudo progrès tel qu'il est devenu est un mal _ mais il y a toujours un remède qui va avec un mal, c'est à nous autres peuples de l'appliquer pour que la terre soit sauvé et que l'humanité soit guérie, au plaisir...
(pourquoi faire simple quant " ON " peut tout compliquer)
Merci pour les éloges et les appels à la simplicité ,à la solidarité et à l'éveil des consciences qui doivent passer par un réveil de l'Humanité par sa mise en résonnance de son esprit et de son coeur avec la fréquence de l'Amour .
Le travail d' "harmonisation" commençant par soi-même...
De tout coeur avec vous,
pensée luminamoureuse,
Pierre
peut-être accepterez vous de devenir membre d'une Fondation qui travaille dans ce sens
http://constellamorisconcordia.net1...
La modernité a cependant permit de belles choses! Notamment elle permet à mes enfants de connaitre ma grand-mère. La modernité utilisée correctement avec parcimonie devrait permettre à l'Homme de vivre en harmonie avec la Terre et toutes les espèces qui la peuplent. Seulement l'Homme est un animal qui a fait exactement ce que tout animal fait, régner sur les membres de son espèce. Le cerveau humain et son ingéniosité a conduit de tout temps à la modernisation. L'agriculture, l’élevage, la construction d'habitats, la médecine tout ceci est modernité si comparé à la cueillette, à la chasse ou au nomadisme (les uns n'étant pas meilleurs que les autres). De tout temps l'Homme a évoluer, son savoir et sa conscience également. A présent l'Homme doit laisser son cerveau de coté et ouvrir son cœur et son âme. Il faut qu'il arrête de réfléchir et qu'il aime. Ce discours peut paraitre naïf, religieux que sais-je. Mais le seul moyen de sauver notre espèce est d’être capable de se projeter dans la souffrance de tous les humains qui crèvent (le verbe mourir est bien trop doux pour décrire la réalité) de faim, de soif, de maladie et ce à cause de nous... Il faut admettre notre responsabilité et après la culpabilité viendra la (ré)solution. En attendant on ne peut que colmater le barrage sur le point de s’effondrer…
Monsieur, je viens de lire votre manifeste pour la terre et l'humanisme. Que dire de plus, j'ai apprécié le discours, le rationnel qui m'éclaire quant au problème de la nutrition de la planète, j'ai apprécié la simplicité et l'honnêteté du votre manifeste et je suis émerveillé d'avoir trouvé ce document un peu par hasard, document qui expose de manière tranchée et claire des éléments qui sont notre avenir. La physique apprend beaucoup mais vous savez extraire l'écologie de son carcan politique qui l'étouffe en France pour en faire une cause immédiate et absolue. je n'avais pas eu le plaisir de lire vos ouvrages auparavant mais je ne regrette pas d'avoir attendu. Que de vérités tout cela au delà des catégories, des nationalismes, des clivages politiques (je cite!) A vous retrouver pour permettre à N hulot de poursuivre son chemin sans entrer dans les magouilles politiques des partis:
Merci Pierre pour votre simplicité et votre sens de la vie.
Ce matin c'est en lisant un extrait "Un arbre en mémoire" présenté il y a peu à l'école Calendretta de Nimes que j'ai décidé de vous laisser ce mot de soutient.On comprend que vous ayez travaillé avec Jérome Monnod et partagé avec lui la beauté et l'amour de cette planète.
C'est mon fils Ludovic résident au Québec de formation en agriculture biologique,et ayant réalisé un hebergt. en Yourtes dénommé les" cinqsens.ca "qui le premier m'avait entretenu de votre parcours admirable.BRAVO.Continuez..
Le schiste dont certains extirpent le gaz déjà ailleurs et comme les mêmes voudraient le faire chez nous s'appelle aussi "roche-mère"... Après les souffrances infligées à notre terre-mère, voici qu'on les infligerait à la roche-mère... On touchait le fond, voilà qu'on le perce !
Les magouilles politiques y en aura partout et c'est pas forcément les plus connu qui en profite.
Socrate l'a dit l'Homme est un animal, pourtant on pourrait se satisfaire de chose simple alors pourquoi ne pas plus s'entraider au quotidien, comme les animaux?
Laure.
Bonjour Pierre
Vos propos sont toujours aussi passionnants
un beau mélange de philosophie et d'écologie et de spiritualité
continuez comme ça :)
Olivier
"Je n'ai cessé, depuis, de rechercher les moyens d'échapper au salariat, que je considère, à tort ou à raison, comme facteur d'aliénation. "
Je partage ! ici demain toujours...et sur facebook !
après vous avoir écouté ici : http://www.youtube.com/watch?v=HyNi...
un seul mot : Merci !
Ah, si seulement le monde entier pouvait vous entendre, et si seulement les cons pouvaient comprendre ... c'est triste à dire, mais à choisir entre l'humain tel qu'il est aujourd'hui et l'animal, je vote pour l'animal ... instinctif franc et direct.
L'autre jour, ma fille m'a demandé à quoi j'étais allergique ... d'abord, je lui ai répondu "à rien" ... pour finalement lui répondre "si... aux cons!" ... tellement cons qu'ils pensent être intelligents et au dessus de tout. Pauvres âmes...
Chaque jour j'ai besoin de me réfugier en pleine nature, avec ma fille et mon conjoint que j'aime tant, et mes meilleurs amis que sont mes animaux... pour fuir ce monde oppressant, ce monde superficiel, ce monde individuel...
Si la religion est définie par le fait de s'occuper d'une nature supérieure que l'on appelle divine (Cicéron), alors oui, j'ai une religion... celle de croire en le pouvoir de la nature, si divine.
Nature, attend nous, on arrive...
ca me rassure de savoir qu il y a des gens qui ont la meme vision de la vie que moi
vivre en autosuffisance et partager ,cesser de courrir apres les chimeres de la soit disant modernisation qui ne fait
que nous enfoncer jour apres jour dans un malaise grandissant et nous creer des besoins illusoires .cette direction est celle de l abime sans fond ou nous allons tous tomber a tres court terme si nous ne levons pas le voile qui nous couvre les yeux.
un retour aux sources s impose pour que les valeurs humaines renaissent en plein jour
Au sujet d'internet et de son contrôle
http://www.liberation.fr/monlibe/co...
« Alors, les gouvernements n’ont d’autre choix que de fermer ces sites et d’arrêter les agitateurs. »
Se remettre en question pour ces gouvernements, alors qu’un changement de paradigme devient une absolue nécessité comme le dit Pierre Rabhi, pour vivre et partager une heureuse sobriété, semble impossible vu les marchés irréméDiablement scellés dans le marbre de nos institutions. De ceux qui placent les finances publiques (dettes) sous la domination des usuriers dont les gourous détiennent les secrets de la création monétaire.
Ce qui est nécessaire est une vaste et profonde insurrection des consciences, pour que les illusions de pouvoir et de possession cessent de prendre en otage le peuple de la marchandise tenu par la peau des nouilles et des douilles aux frontières étatiques de l’acceptable. Son outil est la parole, sa condition est la liberté d’expression. Sinon : silence partout, justice nulle part !
Ainsi il n’est pas question d’agitation, mais d’insurrection des consciences, et je regrette sincèrement que prendre ou reprendre le pouvoir soit des plus violent, alors que le pouvoir c’est la parole, et chacun la sienne. C’est pourquoi internet qui est en passe de remplacer les médias qui honorent une tradition de communication unilatérale (pouvoir tout aussi unilatéral) est un enjeu d’importance qui mérite toute notre vigilance.
Monsieur RABHI je vous aime,je vous aime pour ce que vous êtes et pour le message que vous diffusez.Que je suis fière et admirative des esprits comme le votre.J'aimerais que la terre entière lise vos publications.
merci,merci de nous aider à ouvrir nos yeux si plein de buée.Notre chemin est si long vers le réveil de nos consciences et vous nous aidez à trouver cette route et à la parcourir tous ensemble;
encore merci
Bonjour pierre,
j'admire votre esprit, la lucidité qui émane de vos textes et l'amour qui s'en dégage me chamboule énormément.
J'ai 27 ans je n'ai pas réussis à trouver ma place dans cette société, car toutes les possibilités qui s'ouvrent à moi me sembles désuètes et vide de sens, je ne supporte plus les conditions de vie de notre espèces et notre rapport à la terre. Ma colère et mon indignation me détruise de l'intérieure.
je ne veut plus travailler, dans le sens aliénation et participation à une croissance déconnecté de la réalité. je veut participer au changement sans me laisser manger par ma noirceur et mon envie de détruire ceux qui nous entraines dans le précipice. transformer ma négativité en énergie constructive comme vous avez si bien réussi a faire. Je pense aussi que le changement viendra par le renforcement des liens inter-humains.Que puis je faire à mon échelle ? Merci pour tout Pierre .
l'approche de l'élection de notre futur chef en 2012 pourrait être l'occasion d'atterrir et de prendre conscience que le changement véritable ne peut venir que de nous... parmis les changements utiles, j'en citerai deux qui ont rapport à notre manière de vivre et... Consommer !
globalement, nous mangeons trop de protéines animales qui ont un rendement énergétique catastrophique et demandent beaucoup d'eau. la terre nous offre des ressouces formidables, et tout doucement, la possibilité de consommer aussi des plantes sauvages commence à émerger. il va aussi falloir accélérer dans ce domaine.
Pour finir "une France moderne" est celle du toujours plus pour ceux qui ont déjà trop. nous avons perdu la notion du juste milieu depuis trop longtemps et si on faisait autrement ?
l'homme est un horphelin: il a perdu sa mère (mère terre) et son père (père spirituel: l'invisible respiration qui tient ensemble l'univers, selon C.SINGER). Ilnous faut les retrouver, sinon....
Un proverbe dit " si je rêve seul, c'est seulement un rêve : si nous rêvons ensemble ,c'est le début de la réalité"
Les idées ne manquent pas ,les solutions existent . Merci Mr RAHBI pour tout ce que vous représentez ; maintenant nous savons et connaissons les mécanismes destructeurs , Au delà des mots, avec l'aide de toutes celles et ceux qui partageons l'espoir d'un humanisme retrouvé sur une planète propre, l'espèce humaine pourra enfin être digne d'être dotée d'un cerveau.
Tellement vrai !
Je vous ai découvert à l'émission de ARTE "Global mag", puis j'ai creusé un peu pour trouver le site des colibris et je me retrouve dans sa description même si je ne suis pas toujours en cohérence.
Pour le coup, j'ai rejoint les candidats 2012 et j’espère vraiment que de plus en plus de gens vont ouvrir les yeux .
Je vous ai entendu ce matin au colloque du CCFD. Bel exercice de contemplation... en tous cas, c'est cela que vous m'avez transmis (et un peu d'autres choses aussi, au plan éthique mais si j'ai bien entendu l'un ne va pas sans l'autre).
Là où je suis, en proche banlieue parisienne, difficile de se trouver un potager (et encore moins quand on n'a jamais eu l'occasion d'en cultiver un, ni quelque plante verte d'ailleurs...). Par contre, quelques gestes simples restent à ma portée.
Manger moins de viande et poisson (on surconsomme de toutes façons) et le choisir alors, plus parcimonieusement, mais de meilleure qualité et provenance : bio, commerce équitable, tracabilité éthique, etc. Je ne me revendique absolument pas végétarienne : je suis une carnassière franchouillarde ! Oui, mais quand je regarde un peu en arrière, je constate que nos aïeux ont vécu pendant des siècles sans consommer de viande (ou de poisson) tous les jours, loin s'en faut. On peut alors peut-être faire un effort pour sous-consommer de ce côté et privilégier d'autres filières : je n'ai pas beaucoup de sous pour vivre mais j'y arrive comme ça.
Et puis c'est un peu une attitude générale sur la consommation : c'est vrai aussi côté légumes, fruits, céréales, légumineuses, produits laitiers, fromages, etc. Evidemment, ça prend un peu plus de temps quand on fait ses courses mais c'est jouable. Restent aussi les AMAP (quoique pas évident quand on est tout seul... en tous cas, le direct producteur, même si c'est une fois toutes les deux semaines).
Bref, c'est un peu un comportement à la fois éthique et pragmatique à avoir, au quotidien.
Et puis, dès qu'on peut, s'enfuir pour aller marcher, simplement. La banlieue parisienne a finalement réussi à trouver des chemins en ce sens : il suffit de les explorer et se laisser charmer...
Cela donne de l'espoir de vous lire,merci d'agir contre les forces du mal,je vais me faire un plaisir de propager vos écrits en Scandinavie où j'habite en ce moment.
"L'ÉGALITÉ N'EXISTE PAS DANS LA NATURE,
JE SUIS POUR L'ÉQUITÉ." Pierre RABHI
Je viens de lire votre texte. Je partage bien évidemment votre opinion sur la modernité.
Depuis des années, je fais partie d'une AMAP qui est certainement une des solutions, aujourd'hui, pour permettre aux agriculteurs de vivre et de travailler sur leur terre, d'éviter la surproduction, et pour les amapiens, de se nourrir de produits sains, de saison, et d'éviter la surconsommation.
Bravo pour votre engagement qui, Ã mon sens, n'est pas assez reconnu.
Monsieur, il ne peut être contesté que l'économie de marché, même si on n’y adhère pas, a contribué à réduire les précarités. Il suffit, pour cela, de regarder les statistiques et chroniques sanitaires mondiales, comme celles relatives à l'espérance de vie. Trouver des contre-exemples dans le passé, même récent, n’a pas réellement de sens. En quelques décennies, nous sommes passés de 4 à 7 milliards d’individus. Ce qui était possible dans l’enfance d’un homme de 60 ou 70 ans ne le serait plus aujourd’hui, même si toutes autres choses étaient égales par ailleurs.
Même s’il faut admettre que l'économie de marché a produit des résultats tout en créant des déséquilibres, la question n'est pas celle de l'économie de marché en tant que telle.
En posant le problème de la sorte, on pourrait en déduire que les économies administrées ont réussi dans cette fin. Ce qui est totalement faux.
Le problème à résoudre est celui de la place de l’homme parmi la communauté des êtres de nature. Le problème à résoudre est celui d’une modernité fondée sur le productivisme et le consumérisme. Dans ce cas, aucune doctrine politique passée ou actuelle n'est pertinente. Il faut inventer autre chose ; un nouveau paradigme qui devra reposer, comme vous l’exprimez vous-même, sur la responsabilité des individus.
Cette remarque n’enlève rien à l’intérêt que je porte à votre entreprise et au respect que me suscite votre personnalité.
Cordialement
.
Merci Pierre pour votre effort de vivre. A se reconnaître en l’autre c’est aussi comprendre que nous avons les mêmes aspirations dans l’intention d’éviter la souffrance et trouver le bonheur pour soi et pas sans l’autre. Soucieux des nourritures dénaturées et par respect pour le vivant je suis devenu végétarien il y a plus de vingt ans maintenant et depuis deux ans je jouis de la pleine liberté d’exister sur terre sans prélever à la nature. Je suis Inédien c’est à dire que je ne mange plus aucune nourriture solide et je bois de l’eau. Je me nourris directement à la source de l’énergie vitale en respirant notamment. Je ne suis ni un mutant ni un ascète ni un illuminé ; J’ai les pieds bien sur terre, dans une béatitude consciente. Nous sommes quelques milliers à vivre de la sorte et j’aime à partager ma conviction que par l’effort de chacun nous parviendrons à changer de paradigme, sans violence ni heurt, sous l’impulsion joyeuse d’une volontaire transformation qui nous mène à construire un bonheur partagé par tous et pour chacun. L’organisation des échanges est affaire de raison. Nous ne sommes pas si crétin de ne pouvoir y parvenir. Tout est possible dans le bien, l’intelligence du cœur nous le dit ou plus poétiquement… tous les ruisseaux le murmurent.
J'adhère évidement à cette façon de penser, cette façon de constater cette dégénérescence sociétale.
Les hommes souffrent d'un mal vicieux qui progresse dans l'ombre.
Je revendique une vie simple basée sur l'essentiel, une ouverture d'esprit sur le sol qui est censé nous nourrir et que nous cessions d'être absorbé, hypnotisé par un marketing aussi tapageur qu'inutile.
Merci Pierre, pour votre travail effectué chaque jour pour nous.
Merci pour la voie que vous nous montrez.
Je souhaite du plus profond de mon coeur, pour nous et les générations à venir que nos sages paroles soient entendues, appliquée et qu'enfin le bon sens, la raison et l'amour de chacun, et l'amour de notre terre reviennent dans nos rangs...
Cordialement / Laurent
http://www.lesjardinsdelaurent.com
Je ne sais pas si l'économie de marché et la modernité sont les seules responsables. En vérité ce qui est la source du malheur, c'est la rapacité de certains hommes. Pour revenir au destin tragique de votre père, l'histoire nous montre que les Romains firent la même chose. Pour exploiter leurs mines de métaux, ils enrôlèrent de force les paysans locaux, qui possédaient un petit lopin de terre et qui ne demandaient rien à personne. Et que dire des Grecs, soit disant philosophes, des Assyriens, des Perses. etc etc...Il y a quelque chose que l'humanité n'arrive pas à résoudre. l'exploitation de l'homme par l'homme, la mise en esclavage des autres pour son profit et aussi pour son confort personnel. Pendant que d'autres font les basses oeuvres, il est sûr que l'on peut deviser et philosopher entre amis. Maintenant on ne philosophe plus. Mais on se prélasse dans un jakuzi, on organise de grandes fêtes somptueuses, pendant que des pauvres bougres s'échinent dans les usines disséminées sur toutes la planète. l'esclavage moderne. Au moins durant l'antiquité, le maître faisait trimer ses esclaves mais il devait aussi les nourrir et les soigner correctement, s'il voulait que le travail soit bien fait. Maintenant les possédants n'ont même plus cette contrainte: Ils leur suffit de verser un salaire dérisoire pour s'affranchir de toute responsabilité. Mais comment changer cette tare de la nature humaine, bien enfouie dans le cerveau reptilien, mais qui ressort à la surface dès la première occasion? Heureusement Monsieur Rabhi qu'il existe des hommes comme vous qui ont réfléchi et résolu ce problème. Mais comment faire disparaitre cette peur ancestrale, génératrice de tous les maux, du cerveau de nos contemporains,
merci merci votre plume est trempée dans l'encre de la sagesse ancienne et vibre de l'envol des ailes du futur
Merci Monsieur Rabhi
nous sommes effectivement prisonniers à tous les niveaux de ce système de consommation, quand j'entends "pouvoir d'achat" cela me désole, quel pouvoir ?
C'est le serpent qui se mord la queue on souffre aujourd'hui de la finance, de l'ultra productivisme mais pour s'en sortir les politiques ne savent parler qu'en millard d'euros ! On donne des allocations pour endormir le peuple au lieu d'encourager à entrepreneuriat sain !
Cordialement
Nicole
"Aisément on se procure ce que la nature réclame : la chose est à notre portée; c’est pour le superflu que l'on sue, c'est le superflu qui nous use sous la toge... Et l'on a sous la main ce qui suffît! " disait Sénèque.
Mr. Rabhi, les mots sont réducteurs quand il s'agit de vous décrire. Vous êtes une LUMIERE tout simplement. Veuillez recevoir à travers ces quelques mots insignifiants toute ma gratitude pour ce que vous m'apportez depuis peu de 24h que j'ai fait votre heureuse rencontre sur le net. Vous me réconfortez dans ce que je suis et dans les convictions qui sont les miennes. Merci d'être.
Bonjour,
Modernité. Je crois que tout homme humaniste vivant pleinement son époque est moderne. Ce que l'on appelle actuellement le monde moderne n'est qu'une proposition du monde qui nous entoure aujourd'hui. Que les hommes ont créé. Que certains ont construits à leur profit, auquel d'autres ont cru, souvent à leur dépens. Etre moderne n'est pas un concept lié au monde qui semble exister "pour toujours" . Ce n'est pas accepter ce que l'on dit être d'une manière générale, ETRE le monde moderne. Mais, tous les jours , à chaque instant, le monde change. Etre moderne, c'est regarder le monde, le regarder changer, et vouloir le changer soi-même pour devenir ce que l'on souhaite qu'il devienne.
Jusqu'au point que la modernité au sens général devienne la simplicité, la sobriété , l'humanisme et le partage.
Enfin, ce n'est que ma manière de voir la vie.
Frederic
PS : je conseille vivement la visite du musée du charbon de Mieres (http://www.mumi.es/) . Quelque part sur un panneau y est décrit la manière dont les industriels (francais d'ailleurs) ont "forcé" ("légalement" et avec la participation active du gouvernement local) la population essentiellement agricole et pastorale de l'époque à abandonner son économie, sobre et auto-suffisante, pour venir plonger au fond des puits. En faisant la réclame de l'argent. C'est fascinant. Et étrange de voir décrit cet invisible mécanisme extrêmement volontaire de la part des industriels et des gouvernements.
Ce mécanisme qui partout dans le monde, détruit, comme dans cette oasis, les valeurs qui se sont perpétuées pendant des millénaires pour finalement, permettre aux hommes de vivre aujourd'hui.
Bonjour,
Je suis scientifique de formation et j'ai cru pendant mes études que cette formation "servirait à quelque chose". On peut être passionné de mathématiques et de physique et se poser des questions sur le bien fondé de la modernité. Certes, je gagne relativement bien ma vie et ma famille est pour l'instant à l'abri du besoin. Mais je constate de plus en plus que ces études sont surtout utiles à d'autres pour s'enrichir un peu plus, avec une désagréable sensation que la règle est "marche ou crève".
A mon sens la modernité actuelle ne sert pas à grand chose au final et sera rasée par les contraintes énergétiques qui vont commencer ( à brève échéance sans doute... ) à se faire sentir. Alors, la réalité nous remettra les pieds sur terre mais à quel prix ? Nos sociétés sont-elles assez matures pour le supporter? J'en doute très fortement à entendre les discours politiques alors même que les lois de la physique et les (vraies) connaissances actuelles du monde qui nous entoure sont claires.
De souche paysanne, je sais qu'il est important de conserver un lien avec la terre nourricière malgré les "jeux de lumière" qui essaient de nous faire regarder ailleurs, vers le futile. J'ose espérer que les connaissances qui me tiennent à coeur et l'énergie que des gens comme Newton, Einstein ont mis à comprendre la Nature servira réellement à entrer dans une phase de "vraie" modernité, une modernité au centre de laquelle la Vie sera la valeur essentielle. Je me suis amusé à calculer la quantité d'énergie nécessaire pour faire quitter la planète à l'humanité, le simple résultat invite à comprendre qu'il est plus sage de "s'occuper de notre jardin" pour l'instant.
Bien à vous.
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