Pierre Rabhi

Citations

« Au-delà des clivages politiques et de tout ce qui fragmente notre réalité commune, c’est à l’insurrection et la fédération des consciences que nous faisons appel. C’est-à-dire à ce lieu intime où chaque être humain peut mesurer sa pleine responsabilité et définir les engagements que lui inspire une véritable éthique de vie pour lui-même, pour ses semblables et pour les générations à venir. »

« Bien au-delà des plaisirs superficiels toujours inassouvis, la sobriété permet de retrouver la vibration de l’enchantement, le sentiment de ces êtres premiers pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées. »

« Entre un environnement urbain où prolifère le bric-à-brac désordonné des gigantesques caisses à commerce avec leur surenchère de publicités qui n’ont de lumineux que les watts qu’elles consomment sans modération, Notre insatiabilité enlaidit le monde et nous crée un univers sans âme. La préservation de la vitalité et de la beauté du patrimoine est une nécessité absolue. Nous la devons à nous-mêmes et aux êtres qui adviendront après nous. »

« Face à un système qui confisque le droit des peuples à se nourrir par eux-mêmes, l’agroécologie est une alternative éthique et réaliste, un acte de légitime résistance, qui permet l’autonomie des populations et la préservation de leurs patrimoines nourriciers ».

 
 « Entre un monde qui décline et un autre à construire se trouve une transition qu’il ne faut pas gâcher par notre inertie. Il s’agit d’un véritable changement de paradigme qui place l’être humain et la nature au coeur de nos préoccupations et toutes nos compétences et moyens à leur service. L’ère de la sobriété, de la simplicité heureuse a sonné. Tout changement implique le changement de soi car si l’être humain ne change pas lui-même, il ne pourra changer durablement le monde dont il est le responsable. »

« Il est grand temps de reconnaître à la Nature le magistère absolu d'être la garante de toute vie et de notre survie. Oublier ce caractère irrévocable condamne tous nos efforts à n'avoir aucun lendemain... »

« Il est indéniable que le progrès essentiellement technique a généré des innovations extraordinaires, mais, faute d’une éthique et d’une intelligence généreuse pour contribuer à l’avènement d’une société planétaire apaisée et conviviale, il a contribué au chaos, donné à nos pulsions destructrices des outils d’une efficacité sans précédent, et mené à la fragmentation d’une réalité de nature unitaire. »

« Il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation, qui n’est pas de produire et de consommer sans fin, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes »

« Incarner l’utopie, c’est avant tout témoigner qu’un être différent est à construire, un être de conscience et de compassion, un être qui, avec son intelligence, son imagination et ses mains rende hommage à la vie dont il est l’expression la plus élaborée, la plus subtile et la plus responsable. »

« La finalité humaine n’est pas de produire pour consommer, de consommer pour produire ou de tourner comme le rouage d’une machine infernale jusqu’à l’usure totale. C’est pourtant à cela que nous réduit cette stupide civilisation où l’argent prime sur tout mais ne peut offrir que le plaisir. Des milliards d’euros sont impuissants à nous donner la joie, ce bien immatériel que nous recherchons tous, consciemment ou non, car il représente le bien suprême, à savoir la pleine satisfaction d’exister. »

« L’agroécologie est pour nous bien plus qu’une simple alternative agronomique. Elle est liée à une dimension profonde du respect de la vie sous toutes ses formes et doit permettre d’instaurer une vision différente de la vie en conciliant nécessités vitales et sauvegarde du
vivant pour aujourd’hui et pour les générations futures. »

« La planète terre est à ce jour la seule oasis de vie que nous connaissons au sein d’un immense désert sidéral. En prendre soin, respecter son intégrité physique et biologique, tirer parti de ses ressources avec modération, y instaurer la paix et la solidarité entre les humains, dans le respect de toute forme de vie, est le projet le plus réaliste, le plus magnifique qui soit. »

« La restauration de la terre nourricière ne devrait plus être considérée comme étant de la seule compétence et responsabilité des professionnels de la terre. Chaque citoyen peut, et je dirais doit, contribuer à cette oeuvre de sauvegarde de l’humanité et de la nature, soignant,
pansant, animant un fragment de la terre commune pour son bien-être propre et par conséquent celui de la communauté terrestre. »

« La sobriété requiert de l'enthousiasme. Elle est une attitude mentale issue de la raison et une disponibilité issue du coeur, comme une éthique de vie, source de satisfaction intérieure. Elle est le contraire de la misère qu'elle nous invite à traquer sans relâche, comme une tare inacceptable, pour lui substituer une harmonie avec la Nature, une sobriété heureuse... »

« La Terre... Combien sommes-nous à comprendre cette glèbe silencieuse que nous foulons toute notre vie ? Pourtant, c'est elle qui nous nourrit, elle à qui nous devons la vie et devrons irrévocablement la survie »

« La terre, être silencieux dont nous sommes l'une des expressions vivantes, recèle les valeurs permanentes faites de ce qui nous manque le plus: la cadence juste, la saveur des cycles et de la patience, l'espoir qui se renouvelle toujours car les puissances de Vie sont infinies. »

« La terre nourrit les plantes, les plantes nourrissent les animaux et les humains mais qui va nourrir la terre ? C’est le paysan qui doit le faire car on ne peut pas demander à la terre la nourriture sans jamais la nourrir, elle s’épuiserait. »

« Limiter globalement nos prétentions ne peut se faire sans l’autolimitation de chacun. C’est en cela que l’utopie de la sobriété volontaire et heureuse est une gageure en même temps éthique, politique, écologique. Elle est éthique parce qu’elle contribue à une répartition plus
équitable des biens légitimes, elle est politique parce qu’elle instaure une organisation sociale fondée sur un labeur et une créativité humaine au service de la nécessité et non pour accumuler des biens capitalisables à merci, elle est écologique parce qu’elle contribue à épargner les ressources naturelles en réduisant les prélèvements et la destruction. »

« Ne pouvant produire sans épuiser, détruire et polluer, le modèle dominant contient en fait les germes de sa propre destruction et nécessité d'urgence des alternatives fondées sur la dynamique du Vivant ».

« Nous souhaitons de toute notre raison et de tout notre coeur une éducation qui ne se fonde pas sur l'angoisse de l'échec mais sur l'enthousiasme d'apprendre. Une éducation qui révèle l'enfant à lui-même toute en lui révélant les richesses, l'énergie et la beauté qu'offre le monde à son alliance vitale et non à son avidité insatiable et destructrice. Une éducation qui abolisse le "chacun pour soi" pour exalter la puissance de la solidarité. Une éducation où le pouvoir de chacun soit au service de tous. Car demain ne pourra être sans la coalition des forces positives et constructives dont chacun de nous est dépositaire. »

« Quand une société planétaire n’a pas de grands desseins, comme faire en sorte que chaque être humain puisse se nourrir, se vêtir, s’abriter et se soigner, elle se contente de petits buts, qui en l’espace d’un seul instant créent la satisfaction et le dépit; mais certainement pas la joie. »

« Qu’est-ce que vivre ? Nous avons choisi la frénésie comme mode d’existence et nous inventons des machines pour nous la rendre supportable. Tandis que nous nous battons avec le temps qui passe, celui qu’il faut gagner, nos véhicules, nos avions, nos ordinateurs nous font oublier que ce n’est pas le temps qui passe mais nous qui passons. »

« Pour que les arbres et les plantes s’épanouissent, pour que les animaux qui s’en nourrissent prospèrent, pour que les hommes vivent, il faut que la terre soit honorée. »

« Répondre aux nécessités de notre survie tout en respectant la vie sous toutes ses formes est à l’évidence le meilleur choix que nous puissions faire, et c’est ce que préconise et applique concrètement l’agroécologie »

« Sachez que la création ne nous appartient pas mais que nous sommes ses enfants. Gardezvous de toute arrogance car les arbres et toutes les créatures sont également enfants de la création. Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude. Sachez établir la mesure de toute chose, avec humilité et compassion... »

« Tout changement implique le changement de soi car si l’être humain ne change pas luimême, il ne pourra changer durablement le monde dont il est le responsable. »

« Désormais, la plus haute, la plus belle performance que devra réaliser l’humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains. Cultiver son jardin ou s’adonner à n’importe quelle activité créatrice d’autonomie sera considéré comme un acte politique, un acte de légitime résistance à la dépendance et à l’asservissement de la personne humaine. »